La plupart des freelances qui débutent facturent 400 € par jour parce que « c’est ce qui se pratique ». Résultat : 15 mois plus tard, ils s’aperçoivent qu’ils gagnent moins que quand ils étaient salariés, à charge de travail équivalente. Le simulateur ci-dessous fait le calcul à l’envers, à partir de ton salaire net cible, statut par statut.
TJM freelance : quel tarif pour garder ton niveau de vie
Entre ton salaire net cible, ton statut et ta capacité de facturation. Le simulateur remonte à l’envers : provisions, cotisations, IR, puis TJM à afficher sur ta proposition commerciale.
Ce que tu veux réellement avoir sur ton compte perso chaque mois
Cible réaliste : 180 à 220
Tranche marginale d’imposition
Chômage, retraite complémentaire, formation, mutuelle. 15 % par défaut, 20 % si tu veux être serein
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TJM médians par métier freelance 2026
Ordres de grandeur observés sur le marché français (sources : Malt, Freelance-Info, LeHibou, retours dirigeants SASU). Ces valeurs médianes servent de repère, ton TJM cible dépendra de ton profil, ton ancienneté et ta capacité à négocier.
| Métier | TJM junior | TJM confirmé | TJM senior |
|---|---|---|---|
| Dev full-stack | 350-450 € | 500-600 € | 650-800 € |
| Dev mobile iOS/Android | 400-500 € | 550-650 € | 700-900 € |
| Data engineer / scientist | 450-550 € | 600-750 € | 800-1 000 € |
| DevOps / SRE | 500-600 € | 650-800 € | 850-1 100 € |
| UX / UI designer | 350-450 € | 500-600 € | 650-800 € |
| Product manager | 500-600 € | 650-800 € | 900-1 200 € |
| Chef de projet digital | 400-500 € | 550-700 € | 750-900 € |
| Rédacteur / content manager | 250-350 € | 400-500 € | 550-700 € |
| SEO / SEA consultant | 350-450 € | 500-650 € | 700-900 € |
| Consultant en stratégie | 500-700 € | 800-1 100 € | 1 200-1 800 € |
| Community manager | 250-350 € | 400-500 € | 550-700 € |
| Formateur indépendant | 500-700 € | 800-1 200 € | 1 500-2 500 € |
Ces fourchettes sont indicatives. Un TJM parisien tourne 20 à 30 % au-dessus de la médiane nationale, un TJM régional 10 à 20 % en dessous.
La formule inversée : partir du net, remonter au TJM
La question à te poser n’est pas « combien facturent les autres ? », c’est « combien je veux réellement gagner ? ». Une fois cette cible fixée, le TJM se déduit mécaniquement :
TJM = (Salaire net annuel + Provisions + Cotisations sociales + IR) ÷ Jours facturables
Chaque terme mérite d’être posé sérieusement, parce que c’est là que la plupart des freelances font le trou. Un salaire net cible de 3 500 € par mois, c’est 42 000 € par an. Ajoute 15 % de provisions (chômage, retraite complémentaire, formation, mutuelle), tu arrives à 48 300 €. En SASU, ce net implique un coût employeur global d’environ 76 000 €. Sur 200 jours facturables, ça te donne un TJM de 380 € HT. En EI au réel avec TMI 30 %, le même net demande un CA d’environ 90 000 €, soit 450 € par jour.
Les jours facturables : la variable qui tue le calcul
Sur le papier, une année compte 220 jours ouvrés (365 moins week-ends et fériés). En pratique, un freelance solide facture entre 180 et 210 jours par an. Le delta vient de :
- Congés : 5 semaines minimum si tu veux tenir dans la durée, soit 25 jours
- Prospection et administratif : 10 à 20 jours si tu travailles à ton compte sans agent
- Formation continue : 5 à 10 jours par an pour ne pas décrocher techniquement
- Arrêts maladie : 3 à 5 jours en moyenne, non facturés
- Trous de mission : entre deux clients, il y a rarement zéro jour blanc
Les commerciaux de portage salarial vendent souvent 220 jours facturables pour gonfler artificiellement le net présenté. À l’usage, tu factures 190. Si tu débutes ou si tu es sur un canal de vente peu récurrent (freelance data, consultant stratégie), pars sur 180 jours. Si tu es sur une régie longue durée type ESN, tu peux tabler sur 210.
Les provisions oubliées
En salarié, ton employeur cotise pour ta retraite, ton chômage, ta mutuelle et tes tickets restaurant sans que tu le voies. En freelance, tu payes tout, ou plus grave, tu ne payes rien et tu t’en rends compte 20 ans plus tard.
Trois provisions à intégrer systématiquement dans ton TJM :
- Retraite complémentaire volontaire : PER individuel, environ 5 à 10 % du net cible. Sans ça, ta retraite TNS ou de gérant sera famélique.
- Chômage privé (GSC, APPI, Cameic) : environ 2 à 6 % du CA. En SASU, tu peux souscrire une assurance chômage volontaire. En EI, quasi rien n’existe.
- Mutuelle santé, prévoyance, formation : 3 à 5 % du CA.
Total : compte 15 % minimum en provisions personnelles au-delà du salaire net encaissé, 20 % si tu veux dormir tranquille. C’est le paramètre « provisions » du simulateur.
Le poids réel du statut
Chaque statut a une mécanique fiscale et sociale différente. Voici les ordres de grandeur 2026, pour un même net cible de 42 000 € annuels :
Micro BNC (professions libérales CIPAV)
– Cotisations sociales : 24,6 % du CA
– Abattement forfaitaire IR : 34 %
– Plafond de CA : 77 700 € HT
– CA à réaliser : ~65 000 €. TJM sur 200 jours : 325 €
– Avantages : simplicité, franchise TVA jusqu’à 39 100 € (nouveau seuil 2026 après réforme, à confirmer selon derniers arbitrages)
– Limites : cotisations sur CA même en perte, pas de charges déductibles, plafond bas
Micro BIC services
– Cotisations : 23,2 % du CA
– Abattement forfaitaire IR : 50 %
– Plafond : 77 700 € HT
– CA à réaliser : ~62 000 €. TJM sur 200 jours : 310 €
– Plus favorable que le BNC grâce à l’abattement 50 %
EI ou EURL au réel (TNS)
– Cotisations : ~42 % sur bénéfice net
– Pas de plafond de CA
– Charges déductibles (matériel, frais pro, locaux)
– CA à réaliser : ~90 000 €. TJM sur 200 jours : 450 €
– Avantages : dépasse le plafond micro, arbitrage possible entre rémunération et report en réserve, régime social TNS moins cher qu’un salarié
– Limites : comptabilité complète, cotisations minimales même à faible activité
SASU (assimilé salarié)
– Coût global : ~75 % du net cible (charges patronales + salariales)
– Pas de plafond, régime général de sécurité sociale
– Dividendes possibles (flat tax 30 %) pour lisser
– CA à réaliser : ~100 000 €. TJM sur 200 jours : 500 €
– Avantages : protection sociale complète, statut assimilé salarié, chômage volontaire souscriptible
– Limites : coût social le plus élevé, obligations comptables lourdes
Micro, EI ou SASU : arbitrage rapide
Trois seuils clés à retenir :
- CA < 40 000 € par an : micro (BNC ou BIC), la simplicité l’emporte
- CA entre 40 000 et 90 000 €, TMI 11 à 30 % : EI ou EURL au réel, meilleur rapport charges/net
- CA > 100 000 €, ou besoin de lisser sur plusieurs années, ou envie d’associer : SASU
Le mythe « la SASU c’est mieux » ne tient pas quand on compare à revenu net équivalent. La SASU brille quand tu veux :
- Sortir en dividendes (fiscalité 30 %) plutôt qu’en salaire (charges 75 %) sur la portion supérieure à ton besoin de trésorerie
- Piloter ta trésorerie : garder du cash dans la société, imposé à 15 % puis 25 % en IS, plus léger que 42 % de TNS + IR
- Préparer une cession : la SASU est plus vendable, la valorisation est plus lisible
TJM marché 2026 par métier
Ordres de grandeur observés sur les principales plateformes freelance (Malt, Comet, LinkedIn, Collective), moyennes hors juniors et hors très seniors :
- Développeur back senior (Java, Python, Go) : 550 à 750 €
- Développeur front (React, Vue) : 450 à 650 €
- Data engineer et scientist : 550 à 800 €
- Consultant tech (archi, DevOps) : 650 à 900 €
- Product manager : 550 à 800 €
- Designer UX/UI senior : 400 à 600 €
- Consultant stratégie ou transfo : 800 à 1 500 €
- Rédacteur SEO expert : 400 à 600 €
- Copywriter marketing : 500 à 800 €
- Chef de projet marketing : 500 à 700 €
Ces ordres de grandeur intègrent l’expérience et la spécialisation. Un junior sur les mêmes intitulés démarre 30 à 40 % en dessous. Un très senior avec réseau et références sort de la fourchette par le haut.
Cas concret : passer de salarié 55 k€ brut à freelance
Un cadre salarié à 55 000 € brut annuel gagne environ 3 400 € net mensuel après charges et impôts. Pour reproduire ce niveau de vie en freelance :
- Salaire net cible : 3 400 × 12 = 40 800 €
- Provisions 20 % : 8 160 €
- Net cible total : 48 960 €
Selon statut, TJM sur 200 jours facturables et TMI 30 % :
- Micro BNC : 330 €
- EI au réel : 460 €
- SASU : 510 €
En pratique, si tu vises un remplacement de ton salaire de cadre, ne descends jamais sous 450 € HT par jour en EI, ni sous 500 € en SASU. En dessous, tu travailles pour la même somme mais sans les protections associées.
Questions fréquentes
Faut-il facturer plus cher les premiers mois pour compenser la prospection ?
Non, garde ton TJM cible. Ajuste plutôt le nombre de jours facturables prévus (180 en année 1, 200 en année 2, 210 ensuite). Baisser le TJM en début est une trappe : tu ne le remonteras jamais facilement.
TJM ou forfait ?
Le TJM protège quand la mission dérape (rallonge naturelle). Le forfait paie mieux si tu es plus rapide que la moyenne, plus mal si tu es lent. Pour un premier freelance, TJM par défaut, forfait quand tu connais bien le type de livrable.
Puis-je changer de statut en cours de route ?
Oui, à tout moment. Passage micro vers EI simple, EI vers EURL ou SASU par apport ou création. Rester en micro pour un CA proche du plafond est souvent sous-optimal.
La TVA change-t-elle mon TJM ?
Le TJM se raisonne toujours HT. La TVA (20 % en général) est facturée en sus, collectée pour l’État, ne t’appartient pas. Franchise TVA jusqu’au seuil applicable de ton régime.
Comment estimer mes cotisations en EI la première année ?
Cotisations minimales URSSAF appliquées, puis régularisation N+1 sur bénéfice réel. Prévois un matelas de 30 % du bénéfice minimum pour éviter la mauvaise surprise.
Un TJM bas m’aidera-t-il à décrocher plus de missions ?
Rarement. Les clients haut de gamme se méfient d’un TJM très bas (signal de niveau junior ou de désespoir). L’écart de conversion entre 500 et 700 € est faible, celui entre 400 et 600 aussi.
Que faire des jours non facturés du mois ?
Prospection, formation, écriture, contenu (podcast, blog, LinkedIn) qui alimente la génération de leads. Les meilleurs freelances passent 20 à 30 % de leur temps hors mission à construire leur pipe.
Comment tenir sur la durée sans burn-out ?
Ne facture pas plus de 210 jours par an, même si tu le peux. Prends 5 semaines de vraies vacances. Prévois un plafond de missions parallèles (rarement plus de 2).
En pratique
Ton TJM n’est pas un chiffre magique, c’est le prix qui te permet de gagner ta vie sereinement en freelance, pas de survivre. Refais le calcul tous les 12 mois : ton net cible évolue (naissance, achat immo, augmentation du niveau de vie), tes jours facturables aussi (plus expérimenté = plus efficient, mais plus prospection à forte marge = moins de jours).
Pour choisir le statut optimal (arbitrage micro / EI / SASU chiffré avec ta propre TMI), un logiciel comptable avec un conseiller (comme Swapn ou L-Expert-Comptable) te sort le comparatif chiffré en 20 minutes.
Autres simulateurs qui peuvent t’intéresser
Pour aller plus loin dans ta réflexion, ces simulateurs traitent des sujets proches :
Sources et références :
– URSSAF, barèmes de cotisations TNS et micro 2026
– Article 50-0 et 102 ter du Code général des impôts (abattements micro BIC et micro BNC)
– Article 200 A du CGI (flat tax dividendes SASU)
– Barème IR 2026, direction générale des Finances publiques
– Études Malt, Freelancer, Collective, Comet sur les TJM freelance France 2024-2025
– BOFIP-BIC, BOFIP-BNC (bases d’imposition)
Auteur : Loïc H, passionné d’investissement et d’entrepreneurs.
Disclaimer : Le simulateur applique des taux moyens indicatifs de charges sociales et fiscales (TNS ~42 %, SASU ~75 %, micro selon barème URSSAF). Les taux réels dépendent de ta situation exacte (CIPAV vs SSI, année 1 vs 2, ACRE, exonérations spécifiques). Confronte toujours ton cas à ton propre conseiller avant décision.
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