Comptabilité · 2026

Simulateur flat tax dividendes SASU : PFU ou barème IR, ton verdict

Simulateur flat tax dividendes SASU 2026 : compare PFU 30 % et barème IR avec abattement 40 %. Verdict chiffré selon ta TMI, effet CSG déductible.

Sur les dividendes SASU, tu as le choix entre le PFU 30 % (par défaut) et l’option barème progressif à l’IR avec abattement de 40 %. La bascule se joue autour de la TMI 11 %, mais le calcul dépend aussi de tes autres revenus et de la CSG déductible. Le simulateur ci-dessous tranche le débat en 5 secondes.


Simulateur

Flat tax dividendes SASU : PFU ou barème IR ?

Compare le PFU 30 % et l’option barème progressif (avec abattement 40 %) sur ton dividende SASU. Le simulateur te donne les deux nets, le verdict et l’effet CSG déductible pour l’année suivante.

Montant décidé en assemblée après IS, versé au(x) associé(s)

Tranche marginale d’imposition sur tes autres revenus

Salaire net imposable + autres revenus, sert à situer la bascule de tranche

Verdict
PFU
Gain vs autre option
Option PFU 30 %
IR (12,8 %)
0 €
Prélèvements sociaux (17,2 %)
0 €
Net perçu PFU
0 €
Option barème IR
Base IR (après abattement 40 %)
0 €
IR (TMI marginale)
0 €
Prélèvements sociaux (17,2 %)
0 €
Net perçu barème
0 €

La règle rapide : à TMI 30 % et plus, le PFU gagne quasi systématiquement. À TMI 0 ou 11 %, le barème avec abattement 40 % est plus favorable, surtout si tu peux ensuite déduire la CSG payée (6,8 %) l’année suivante. Attention : l’option barème est globale et engage tous tes revenus mobiliers de l’année (dividendes, plus-values, intérêts). Un logiciel comptable avec un conseiller chiffre l’arbitrage salaire / dividende sur ton exercice.


PFU 30 %, ce qui se passe vraiment

Depuis 2018, les dividendes SASU sont soumis par défaut au Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU), aussi appelé « flat tax ». Le taux est de 30 %, décomposé en :

  • 12,8 % d’impôt sur le revenu
  • 17,2 % de prélèvements sociaux (CSG, CRDS, prélèvement de solidarité)

L’atout majeur du PFU, c’est sa lisibilité : un dividende brut de 40 000 € te laisse 28 000 € net, quelle que soit ta TMI. Le prélèvement est fait à la source par la société qui verse le dividende, puis régularisé sur la déclaration d’impôt de l’année suivante.

Le PFU s’applique aussi aux plus-values de cession de valeurs mobilières, aux intérêts de placements, et à la plupart des revenus mobiliers. Il ne s’applique pas aux revenus fonciers (SCPI, immobilier direct), qui restent au barème.

L’option barème IR, quand ça vaut le coup

Tu peux choisir de renoncer au PFU et opter pour l’imposition au barème progressif de l’IR. Cette option offre un avantage central : l’abattement de 40 % sur les dividendes (article 158-3 du CGI). Sur 40 000 € de dividendes bruts, la base imposable descend à 24 000 €, imposée ensuite au barème selon ta TMI.

Le calcul devient favorable dans deux configurations :

Configuration 1 : TMI 0 %
– PFU : 40 000 € × 30 % = 12 000 € de fiscalité, net 28 000 €
– Barème : PS 6 880 € (17,2 %), IR nul (TMI 0), net 33 120 €
Gain barème : 5 120 €

Configuration 2 : TMI 11 %
– PFU : 12 000 €, net 28 000 €
– Barème : PS 6 880 € + IR (24 000 × 11 %) = 2 640 €, total 9 520 €, net 30 480 €
Gain barème : 2 480 €

Configuration 3 : TMI 30 %
– PFU : 12 000 €, net 28 000 €
– Barème : PS 6 880 € + IR (24 000 × 30 %) = 7 200 €, total 14 080 €, net 25 920 €
PFU gagne : 2 080 €

Configuration 4 : TMI 41 %
– PFU : 12 000 €, net 28 000 €
– Barème : PS 6 880 € + IR (24 000 × 41 %) = 9 840 €, total 16 720 €, net 23 280 €
PFU gagne : 4 720 €

La bascule se fait donc autour de la TMI 15 %. En dessous, l’abattement 40 % te rend le barème plus favorable. Au-dessus, le PFU l’emporte grâce à son taux fixe.

L’effet CSG déductible souvent oublié

Quand tu optes pour le barème IR, tu peux déduire 6,8 % de CSG l’année suivante sur ton revenu global (article 154 quinquies du CGI). Cette déduction représente un gain caché : sur 40 000 € de dividendes, la CSG déductible est de 2 720 €, économie IR de 299 € (TMI 11 %) à 1 224 € (TMI 45 %) l’année N+1.

Cet avantage n’existe pas avec le PFU (la CSG y est prélevée à taux fixe, non déductible). Il faut donc l’intégrer au calcul pour trancher, surtout si tu es autour du seuil de bascule.

L’option barème est globale : attention

L’option pour le barème IR est globale et annuelle (article 200 A du CGI). Si tu l’exerces, elle s’applique à tous tes revenus mobiliers de l’année :

  • Dividendes de toutes tes SASU, SAS, SA
  • Intérêts de tes comptes à terme, obligations, livrets non fiscalisés
  • Plus-values de cession de titres non cotés (hors PEA)
  • Plus-values de cession d’actions en compte-titres

Si tu as réalisé une grosse plus-value dans l’année, l’option barème peut te coûter très cher (imposée à ta TMI + 17,2 %, contre 30 % en PFU). Le calcul se fait globalement, pas ligne par ligne. Une simulation complète est indispensable avant d’exercer l’option.

SASU vs EURL : la logique n’est pas la même

En SASU, tu es assimilé salarié, les dividendes ne sont soumis qu’au PFU ou au barème. Rien d’autre. C’est la fiscalité présentée ici.

En EURL (associé unique gérant majoritaire), tu es TNS. La fraction de dividendes qui dépasse 10 % du capital social + primes d’émission + apports en compte courant d’associé est soumise aux cotisations sociales TNS (environ 45 %) en plus de l’IR. Cette règle explique pourquoi la plupart des consultants indépendants qui veulent optimiser les dividendes choisissent la SASU plutôt que l’EURL.

Exemple : capital SASU 5 000 €, dividende 40 000 €. Zéro cotisation sociale sur le dividende, seul le PFU 30 % s’applique.

En EURL identique : 10 % de 5 000 € = 500 €, le dividende de 40 000 € génère 39 500 € soumis à cotisations TNS, soit environ 17 700 € de charges sociales en plus de l’IR. La différence peut atteindre 30 % du dividende brut.

Salaire ou dividende en SASU : le vrai arbitrage

La question qui compte vraiment, c’est comment sortir ton bénéfice de la SASU. Deux voies :

Voie salaire (rémunération du président)
– Charges sociales : ~75 % du net (patronales + salariales assimilé salarié)
– Déductibles de l’IS de la société
– Ouvre droits retraite, prévoyance, assurance maladie

Voie dividende
– Bénéfice imposé d’abord à l’IS (15 % jusqu’à 42 500 €, 25 % au-delà)
– Puis PFU 30 % (ou barème)
– Aucun droit social ouvert, pas de retraite constituée

Sur 100 € de bénéfice avant impôt :

  • Salaire : 100 € coûtent 57 € en super-brut au salaire, dont ~28 € net perçu. Environ 28 % de rendement net.
  • Dividende (IS 15 % + PFU 30 %) : 100 € > 85 € après IS > 59,50 € après PFU. Environ 59,5 % de rendement net.

Le dividende gagne mécaniquement, mais il ne construit aucun droit social. La stratégie standard des dirigeants SASU : salaire minimum pour valider tes trimestres retraite et ouvrir droit à la sécu (environ 30 000 € brut annuel), le reste en dividendes.

Cas concrets

Cas 1 : consultante indépendante, SASU, dividende 30 000 €, TMI 30 %
– PFU : 21 000 € net (30 % × 30 000 = 9 000 € prélevés)
– Barème : PS 5 160 € + IR (18 000 × 30 %) = 5 400 €, net 19 440 €
Verdict : PFU, gain 1 560 €

Cas 2 : jeune entrepreneur, TMI 11 %, dividende 20 000 €
– PFU : 14 000 € net
– Barème : PS 3 440 € + IR (12 000 × 11 %) = 1 320 €, net 15 240 €
Verdict : barème, gain 1 240 € (avant CSG déductible)
– Avec CSG déductible 6,8 % (1 360 € × 11 %) : +150 € année N+1

Cas 3 : cadre à haut revenu, TMI 45 %, dividende 60 000 €
– PFU : 42 000 € net
– Barème : PS 10 320 € + IR (36 000 × 45 %) = 16 200 €, net 33 480 €
Verdict : PFU, gain 8 520 €

Questions fréquentes

Le PFU s’applique-t-il automatiquement ?
Oui. Le prélèvement est fait à la source par la société qui verse le dividende (12,8 % IR + 17,2 % PS). L’option barème doit être demandée explicitement sur la déclaration d’impôt de l’année suivante, case 2OP.

Puis-je faire du PFU une année et du barème l’année suivante ?
Oui, le choix est annuel. Il n’y a pas d’engagement pluriannuel.

Un acompte de PFU peut-il être évité ?
Oui, si ton revenu fiscal de référence de l’année N-2 est inférieur à 50 000 € (célibataire) ou 75 000 € (couple), tu peux demander la dispense d’acompte à la banque avant fin novembre pour l’année suivante.

Le PFU s’applique-t-il aux dividendes étrangers ?
Oui, avec un crédit d’impôt égal à la retenue à la source déjà appliquée dans le pays d’origine (dans la limite du taux prévu par la convention fiscale).

Un dirigeant SASU peut-il mixer salaire et dividende la même année ?
Oui. C’est même la configuration optimisée standard : salaire pour ouvrir les droits sociaux, dividende pour la portion supérieure aux besoins de trésorerie.

L’option barème peut-elle réduire mon revenu fiscal de référence ?
Non, au contraire, elle l’augmente (les dividendes s’ajoutent au revenu global au lieu d’être forfaitisés). À surveiller si tu es autour d’un seuil (bourse Crous d’un enfant, exonération taxe habitation, RSA).

Dois-je payer la CSG deux fois avec le barème ?
Non, la CSG (17,2 %) est prélevée à la source une seule fois, puis 6,8 % de cette CSG est déductible du revenu global l’année suivante si option barème.

Que se passe-t-il si je ne verse pas de dividende cette année ?
Le bénéfice est reporté en report à nouveau ou en réserves. Aucune fiscalité sur le report, IS déjà payé. Tu peux le verser plus tard, sans limite de temps.

En pratique

Le PFU 30 % est le régime par défaut, et pour la grande majorité des dirigeants SASU (TMI 30 % et plus), il gagne. L’option barème vaut le coup uniquement si tu es en TMI 0 ou 11 %, et que tu n’as pas d’autre gros revenu mobilier dans l’année qui viendrait plomber le calcul global.

Le vrai levier d’optimisation, ce n’est pas le choix PFU/barème (marge de quelques centaines d’euros), c’est l’arbitrage salaire/dividende annuel, en tenant compte de tes besoins de trésorerie, tes droits retraite à construire, et l’IS de la société. Un logiciel comptable avec un conseiller (comme Swapn ou L-Expert-Comptable) sort ce comparatif en 15 minutes, ligne par ligne.

Autres simulateurs qui peuvent t’intéresser

Pour aller plus loin dans ta réflexion, ces simulateurs traitent des sujets proches :


Sources et références :
– Article 200 A du Code général des impôts (PFU et option barème)
– Article 158-3 du CGI (abattement 40 % sur dividendes)
– Article 154 quinquies du CGI (CSG déductible)
– Article L136-8 du Code de la sécurité sociale (taux CSG 9,2 % dont 6,8 % déductible)
– BOFIP-RPPM-RCM (revenus de capitaux mobiliers, régime fiscal)
– Loi de finances 2018 (instauration du PFU)

Auteur : Loïc H, passionné d’investissement et d’entrepreneurs.

Disclaimer : Le simulateur applique le PFU 30 % et l’option barème avec abattement 40 %, hors effet CSG déductible N+1 (indicatif dans la note). L’option barème est globale sur tous revenus mobiliers de l’année, à simuler complètement avant décision. Confronte toujours ton cas à ton propre conseiller.

Loïc H

Entrepreneur depuis plus de dix ans, investisseur long terme par nécessité plus que par idéologie. J'écris ce que j'aurais voulu lire avant de faire mes erreurs, chiffres à l'appui et sans jargon.

Entrepreneur Investisseur patrimonial LinkedIn

Ce contenu est informatif et ne constitue ni un conseil en investissement ni une recommandation personnalisée. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Certains liens peuvent être sponsorisés — cela n'affecte pas notre sélection éditoriale.

Retour en haut