C’est l’arbitrage classique de tout dirigeant SASU : je me verse un salaire ou je capitalise dans la boîte pour distribuer des dividendes ? Le simulateur ci-dessous compare les 3 scénarios (tout salaire, tout dividendes, mix 50/50) et te dit lequel maximise ton net dans la poche. Spoiler, à partir de TMI 30 %, le mix gagne presque toujours.
Dividendes vs salaire SASU : quelle rémunération optimiser
Renseigne le bénéfice avant rémunération et IS de ta SASU, ta TMI foyer et ton taux d’IS. Le simulateur compare 3 scénarios (tout salaire, tout dividendes, mix 50/50) et te donne le net dans la poche final après IS, cotisations et impôts personnels.
CA – charges hors rémunération dirigeant
Tranche marginale d’imposition
15 % jusqu’à 42 500 €, 25 % au-delà
Le simulateur retient le plus favorable des deux
0 €
0 €
0 €
L’arbitrage rémunération dirigeant en 3 minutes
Un dirigeant de SASU a deux façons de sortir du cash de sa société :
1. Le salaire :
– Déductible du résultat imposable (baisse l’IS)
– Cotisations sociales de dirigeant assimilé salarié (28 % salariales + 42 % patronales sur le brut)
– Puis IR au barème progressif (11 %, 30 %, 41 %, 45 %) sur le net imposable
2. Les dividendes :
– Distribuables uniquement à partir du bénéfice après IS (le résultat est taxé 15 % jusqu’à 42 500 €, puis 25 % au-delà)
– Fiscalité personnelle au choix, PFU 30 % (12,8 % IR + 17,2 % PS) OU barème IR après abattement 40 % + 17,2 % PS
Le vrai comparatif se fait sur le net dans ta poche final, en partant du même point : le bénéfice avant rémunération et avant IS de la société.
Ce que le simulateur calcule vraiment
Le simulateur retient un bénéfice avant IS et avant rémunération que tu renseignes. Il applique 3 scénarios :
- Scénario 1 : tout salaire. Tu utilises 100 % du bénéfice comme enveloppe « coût employeur ». Il calcule le salaire brut correspondant, les cotisations, le net avant IR puis retire l’IR à ta TMI.
- Scénario 2 : tout dividendes. Aucun salaire, le bénéfice est intégralement soumis à l’IS puis distribué. Fiscalité perso PFU ou barème selon ton choix (auto = le plus favorable).
- Scénario 3 : mix 50/50. Moitié en enveloppe salaire, moitié en bénéfice après IS distribué en dividendes.
Il te retourne le net dans la poche des 3 scénarios et te désigne le gagnant.
Le taux d’IS 2026 : les seuils qui comptent
L’impôt sur les sociétés a deux taux :
- 15 % sur les premiers 42 500 € de bénéfice (taux réduit PME)
- 25 % au-delà, jusqu’au niveau du bénéfice total
Conditions du taux réduit à 15 % :
– CA HT inférieur à 10 millions €
– Capital entièrement libéré
– Capital détenu à 75 % au moins par des personnes physiques (ou par des sociétés remplissant elles-mêmes ces conditions)
En pratique, 95 % des SASU en démarrage sont éligibles au taux réduit sur leurs premiers 42 500 € de bénéfice.
PFU ou barème IR : lequel choisir ?
Sur des dividendes, tu as deux options fiscales à comparer chaque année :
PFU (Prélèvement Forfaitaire Unique) 30 % :
– 12,8 % d’IR + 17,2 % de PS
– Aucun abattement, aucun impôt supplémentaire
– Simple et rapide
Barème IR + PS :
– Abattement de 40 % sur les dividendes (article 158-3 CGI)
– IR au barème progressif sur les 60 % restants
– PS 17,2 % sur 100 % des dividendes
– Attention, ta CSG de 6,8 % devient déductible l’année suivante
Règle de bascule :
– TMI 0 % ou 11 % : le barème gagne largement (jusqu’à 20-25 % d’écart)
– TMI 30 % : le barème reste souvent gagnant (17,2 % + 30 % × 60 % = 35,2 % vs PFU 30 %) mais l’écart est faible
– TMI 41 % ou 45 % : le PFU gagne (41 % × 60 % + 17,2 % = 41,8 %, ou 45 % × 60 % + 17,2 % = 44,2 %)
Le simulateur en mode « auto » calcule les deux et retient le meilleur.
Le vrai piège du « tout dividendes »
L’arbitrage brut te fera croire que « tout dividendes » est souvent gagnant à court terme, surtout à TMI 30 %. Trois éléments à intégrer avant de conclure :
1. Retraite oubliée. Tes cotisations salariales financent la retraite base + AGIRC-ARRCO. Zéro salaire = zéro trimestre de retraite validé pour l’année. Sur 20 ans de carrière, ça peut représenter 100 à 200 000 € de retraite complémentaire cumulée. Le simulateur ne valorise pas cette perte.
2. Assurance maladie et IJSS. Sans salaire, tu peux perdre certains droits (IJSS courtes, prestations spécifiques). Attention aux minima de rémunération pour valider tes 4 trimestres/an.
3. Chômage privé. Le dirigeant SASU peut souscrire une GSC (Garantie Sociale des Chef d’entreprise) ou APPI, indemnisée en cas de perte d’emploi. Le coût (3 000 à 6 000 €/an) est indexé sur ton salaire brut. Sans salaire, pas d’assurance chômage possible.
Sur un dirigeant qui veut vraiment sécuriser sa protection sociale long terme, un mix salaire (au moins équivalent PASS annuel de sécu, environ 47 000 € en 2026) + dividendes est en général l’optimum.
Cas concrets
Cas 1 : SASU en année 2, bénéfice 60 000 € avant rému et IS, TMI 30 %, taux IS 15 %
– Tout salaire : net environ 30 000 €
– Tout dividendes : bénéfice après IS = 51 000 €, PFU 30 %, net = 35 700 €
– Mix 50/50 : salaire (net ~15 000) + div (net ~17 850) = 32 850 €
– Gagnant : tout dividendes (à court terme uniquement, sans valorisation retraite)
Cas 2 : SASU en année 5, bénéfice 120 000 €, TMI 41 %, IS mixte (15 % jusqu’à 42 500 puis 25 %)
– IS mix : 42 500 × 15 % + 77 500 × 25 % = 25 750 € d’IS
– Tout salaire : net environ 55 000 €
– Tout dividendes : bénéfice après IS 94 250 €, PFU 30 %, net = 65 975 €
– Mix 50/50 : salaire (net ~28 000) + div (net ~33 000) = 61 000 €
– Gagnant : tout dividendes à court terme, mais gros trou retraite
Cas 3 : SASU rentable, bénéfice 40 000 €, TMI 11 %, IS 15 %
– Tout salaire : net environ 22 500 €
– Tout dividendes : 40 000 × 85 % = 34 000, barème (abattement 40 %, IR 11 %, PS 17,2 %) = net 26 800
– Mix 50/50 : net environ 24 500 €
– Gagnant : tout dividendes en TMI basse
Le cas particulier de l’EURL au régime TNS
Le simulateur cible la SASU (dirigeant assimilé salarié). Pour l’EURL/SARL au régime TNS, l’arbitrage change :
- Cotisations salaire TNS environ 40 % (vs 70 % SASU)
- Cotisations sur dividendes : depuis 2013, les dividendes distribués à un TNS sont soumis à cotisations sociales SSI sur la fraction qui dépasse 10 % du capital social + primes + apports en compte courant (article L131-6 CSS)
- Concrètement, si ton capital est de 1 000 € et que tu te distribues 20 000 € de dividendes, la partie au dessus de 100 € (10 % de 1 000) est soumise à cotisations SSI
Résultat : en EURL TNS avec capital faible, le « tout dividendes » est souvent moins avantageux qu’en SASU. Le mix salaire + dividendes est plus fréquent, avec un capital social plus élevé pour éviter la surtaxe sur dividendes.
Ce qui manque dans le calcul
Le simulateur ne modélise pas :
- Cotisation formation professionnelle (0,25 % du plafond) et CFE (variable selon la commune)
- Retraite supplémentaire Madelin/PER dirigeant (déductible IR, économie fiscale forte)
- Mutuelle et prévoyance (déductibles IS si contrat responsable)
- IJSS et incidence sur la sécurité sociale
- Effet CSG déductible l’année suivante quand tu optes barème
- Retenue à la source dividendes de 12,8 % + 17,2 % appliquée par la société, à régulariser en N+1
Pour un chiffre exact avec ton profil, un logiciel comptable avec un conseiller (comme L-Expert-Comptable ou Swapn) intègre tous ces éléments et te sort le vrai net optimisé sur 5 ans.
Questions fréquentes
Peut-on distribuer des dividendes tous les mois ?
Non, les dividendes se décident en assemblée générale annuelle, une fois par an, sur la base des comptes clôturés. Tu peux distribuer un acompte sur dividendes en cours d’exercice si les statuts le prévoient et si le résultat intermédiaire le permet (situation comptable intermédiaire).
Quand décider de la répartition salaire/dividendes ?
En fin d’exercice, une fois que tu connais ton résultat. Tu peux te verser un salaire minimum en cours d’année et compléter par un dividende voté à l’AG annuelle. Attention, tu ne peux plus modifier rétroactivement le salaire une fois versé.
Quel salaire minimum pour valider 4 trimestres de retraite en SASU ?
En 2026, il faut environ 6 990 € de brut annuel (150 × SMIC horaire) pour valider 4 trimestres. En pratique, la plupart des dirigeants SASU se versent au moins un SMIC brut pour sécuriser cotisations et droits.
Peut-on garder les bénéfices dans la société sans se les verser ?
Oui, ils restent en réserves. Utile si tu veux capitaliser pour un investissement futur, une opération de croissance externe, ou reporter la distribution à une année où ta TMI baisse. Attention à l’IS déjà payé sur ces réserves.
Les dividendes sont-ils cotisés pour la retraite ?
Non en SASU. Zéro dividende n’ouvre de droit à la retraite. En EURL TNS, la fraction de dividendes au dessus de 10 % du capital est soumise à cotisations SSI, qui ouvrent des droits à retraite indépendants.
Le PFU s’applique-t-il aussi aux dividendes de SCI ?
Les SCI à l’IR distribuent des revenus fonciers, pas des dividendes, régime différent. Les SCI à l’IS distribuent des dividendes soumis au PFU comme une SASU.
Comment optimiser sur plusieurs années ?
Souvent, un mix salaire (correspondant au PASS pour la retraite) + dividendes distribués les années où la TMI est basse (dividendes reportés depuis les réserves). Un pilotage sur 5 ans avec ton comptable est plus fin qu’un calcul à l’année.
En pratique
L’arbitrage salaire/dividendes dépend de 3 facteurs : ton bénéfice avant rémunération, ta TMI foyer et ton horizon (court terme vs retraite). À court terme, sur bénéfice > 60 000 € et TMI ≥ 30 %, les dividendes dominent en net immédiat. Mais tu abandonnes la retraite complémentaire, la prévoyance et le chômage. Le mix salaire (au PASS) + dividendes est la solution optimum pour la plupart des dirigeants SASU sur 20 ans de carrière.
Le simulateur ci-dessus te donne les 3 chiffres immédiats. Pour intégrer la retraite, la mutuelle, le Madelin/PER et un pilotage multi-annuel, un logiciel comptable avec un conseiller (comme L-Expert-Comptable ou Swapn) chiffre le scénario complet en 15 minutes.
Comparateur : quelle rémunération optimale en SASU pour 60 000 € de bénéfice ?
Cas type : SASU avec 60 000 € de bénéfice avant rémunération et IS. Trois scénarios comparés, ta TMI foyer étant l’élément clé.
| Scénario | Salaire brut | Cotisations SASU | IS après salaire | Dividendes bruts | Net dirigeant (TMI 30 %) |
|---|---|---|---|---|---|
| Tout salaire | 42 254 € (net ~29 800) | ~17 746 € | 0 € | 0 € | ~29 800 € |
| Tout dividendes | 0 € | 0 € | 13 375 € (IS taux réduit + normal) | 46 625 € | ~32 638 € (net PFU 30 %) |
| Mix 50/50 | 21 000 € (net ~14 900) | ~8 850 € | 7 538 € | 22 612 € | ~30 730 € |
Verdict : à TMI 30 %, le tout dividendes gagne d’environ 2 800 €. À TMI 41 %+, le mix devient souvent plus intéressant grâce à l’abattement 40 % sur dividendes barème. À TMI 11 %, le tout salaire regagne car l’IR bas neutralise les charges sociales élevées.
Attention : ces chiffres n’intègrent pas la perte de droits chômage et retraite complémentaire d’un dirigeant sans salaire. Sur 20 ans de carrière, la différence de pension AGIRC-ARRCO peut représenter 300 à 500 € par mois.
Autres simulateurs qui peuvent t’intéresser
Pour aller plus loin dans ta réflexion, ces simulateurs traitent des sujets proches :
Sources et références :
– Article 219 du Code général des impôts (taux d’IS)
– Article 200 A du CGI (PFU)
– Article 158-3 du CGI (abattement 40 % sur dividendes)
– Article L131-6 du Code de la Sécurité Sociale (cotisations sur dividendes TNS)
– Barèmes URSSAF 2026, plafond de sécurité sociale
– BOFIP-RPPM-RCM-30 (règles distributions dividendes)
Auteur : Loïc H, passionné d’investissement et d’entrepreneurs.
Disclaimer : Le simulateur retient un cas SASU (dirigeant assimilé salarié). Le régime TNS (EURL/SARL) obéit à d’autres règles (cotisations sur dividendes au dessus de 10 % du capital). La valorisation retraite, chômage et prévoyance long terme n’est pas modélisée. Fiscalité au 1er janvier 2026, sous réserve d’évolutions législatives. Confronte toujours ton cas à ton propre conseiller.
Ce contenu est informatif et ne constitue ni un conseil en investissement ni une recommandation personnalisée. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Certains liens peuvent être sponsorisés — cela n'affecte pas notre sélection éditoriale.
