Les tickets restaurant se comptabilisent en deux temps. À l’achat, la valeur faciale des titres est inscrite au débit du 425 « Personnel, avances et acomptes et autres comptes débiteurs », et la commission de l’émetteur en charge avec sa TVA. À la paie, le 425 est soldé : la part patronale va en charge dans une subdivision du 647, la part salariale est retenue sur le net, au débit du 421.
Pourquoi passer par le 425 à l’achat ?
Quand tu commandes des titres-restaurant, tu paies à l’émetteur leur valeur faciale totale, part salariale comprise. À ce moment, la dépense n’est pas encore une charge : les titres n’ont pas été remis, et une partie sera remboursée par les salariés via une retenue sur salaire.
Le compte 425 est fait pour ça. Depuis la réforme 2025, son intitulé est « Personnel, avances et acomptes et autres comptes débiteurs » : il a été élargi pour accueillir toutes les sommes que le personnel doit à l’entreprise, ce qui couvre bien la part salariale des titres. Le 425 est ensuite soldé à la paie, quand chaque salarié a reçu ses titres.
Les titres commandés mais pas encore distribués à la clôture restent au 425 : ils figurent à l’actif de ton bilan, puisque leur valeur n’a pas encore été consommée.
Part patronale, part salariale : quel compte pour chacune ?
La part patronale est une charge de personnel. Le plan comptable n’a pas de compte dédié aux titres-restaurant : l’usage le plus répandu est d’ouvrir une subdivision libre du 647 « Autres cotisations sociales », par exemple 6476 « Titres-restaurant ». Certaines entreprises préfèrent le 648 Autres charges de personnel ; l’essentiel est de choisir un compte et de t’y tenir.
La part salariale n’est pas une charge pour l’entreprise : elle est retenue sur le salaire net. Dans l’écriture de paie, elle vient au débit du 421, par le crédit du 425.
La part patronale échappe aux cotisations sociales si elle représente entre 50 % et 60 % de la valeur du titre et ne dépasse pas une limite par titre revalorisée chaque année. Au-delà, l’excédent devient un avantage soumis à cotisations : ton logiciel de paie le gère, mais vérifie le paramétrage chaque 1er janvier.
Frais de l’émetteur, carte titre-restaurant et titres non utilisés
L’émetteur facture des frais de service (commission, frais de livraison, frais de carte). C’est une prestation ordinaire : charge au 6228 ou au compte de services que tu utilises pour tes prestataires, avec une TVA récupérable au 44566 si elle figure sur la facture.
Avec une carte rechargeable, le principe ne change pas : le rechargement mensuel remplace l’achat de carnets, et les écritures sont les mêmes.
Les titres non utilisés par un salarié à leur date de validité ne génèrent en principe aucune écriture chez l’employeur une fois distribués : la charge et la retenue ont déjà été passées à la paie.
Les écritures comptables, exemples chiffrés
1. Achat des titres-restaurant
Tu commandes 100 titres de 10 € pour 5 salariés, soit 1 000 € de valeur faciale. L’émetteur facture 30 € HT de frais de service, TVA 6 €.
| Compte | Libellé | Débit | Crédit |
|---|---|---|---|
| 425 | Titres-restaurant, valeur faciale | 1 000 € | |
| 6228 | Frais de service émetteur | 30 € | |
| 44566 | TVA sur frais de service | 6 € | |
| 512 | Banque, commande titres | 1 036 € |
2. Paie du mois : répartition part patronale et part salariale
L’employeur prend en charge 60 % (600 €), les salariés 40 % (400 €), retenus sur leur net.
| Compte | Libellé | Débit | Crédit |
|---|---|---|---|
| 6476 | Titres-restaurant, part patronale | 600 € | |
| 421 | Retenue part salariale titres | 400 € | |
| 425 | Solde titres distribués | 1 000 € |
3. Variante : recharge de cartes payée et distribuée le même mois
Si tu recharges les cartes le jour de la paie, tu peux passer la part patronale directement en charge. La part salariale transite par le 425, soldé ensuite par la retenue sur le 421.
| Compte | Libellé | Débit | Crédit |
|---|---|---|---|
| 6476 | Titres-restaurant, part patronale | 600 € | |
| 425 | Part salariale à retenir | 400 € | |
| 6228 | Frais de service émetteur | 30 € | |
| 44566 | TVA sur frais de service | 6 € | |
| 512 | Banque, recharge cartes | 1 036 € |
Traitement fiscal et TVA
La part patronale est une charge de personnel déductible du résultat. Elle est exonérée de cotisations sociales et d’impôt sur le revenu pour le salarié dans les limites légales : participation comprise entre 50 % et 60 % de la valeur du titre, et plafond par titre fixé chaque année. Côté TVA, la valeur faciale des titres n’en comporte pas : un titre-restaurant est un moyen de paiement, pas un achat de repas par l’entreprise. Seuls les frais de service facturés par l’émetteur portent une TVA, récupérable au 44566.
Les erreurs à éviter
Comptes liés
| Compte | Quand l'utiliser |
|---|---|
| 425 Personnel – Avances et acomptes et autres comptes débiteurs | Avance au personnel : porte la valeur des titres entre l’achat et la remise aux salariés. |
| 647 Autres cotisations sociales | Compte parent de la part patronale, dans une subdivision dédiée aux titres-restaurant. |
| 421 Personnel – Rémunérations dues | Rémunérations dues : la part salariale y est retenue sur le net à payer. |
| 648 Autres charges de personnel | Autres charges de personnel : alternative retenue par certaines entreprises pour la part patronale. |
| 6228 Divers | Frais de service de l’émetteur, avec TVA récupérable. |
| 6472 Versements au comité social et économique | Versements au CSE : à ne pas confondre avec des titres financés par l’employeur. |
Questions fréquentes
Quel compte comptable pour les tickets restaurant ?
À l’achat, le 425 pour la valeur faciale. À la paie, la part patronale va dans une subdivision du 647 (par exemple 6476 « Titres-restaurant ») et la part salariale est retenue au débit du 421, par le crédit du 425.
Comment comptabiliser l'achat de tickets restaurant ?
Débit 425 pour la valeur faciale totale, débit 6228 et 44566 pour les frais de service de l’émetteur et leur TVA, crédit 512 pour le montant payé. La charge n’est constatée qu’à la paie, quand les titres sont remis.
Y a-t-il de la TVA sur les tickets restaurant ?
Pas sur leur valeur : le titre est un moyen de paiement. Seuls les frais de service, de livraison ou de carte facturés par l’émetteur portent une TVA, récupérable au 44566.
Comment apparaît la part salariale des titres-restaurant ?
Elle est retenue sur le salaire net du bulletin. En comptabilité, elle vient au débit du 421 Rémunérations dues, par le crédit du 425 qui portait la valeur des titres achetés. Ce n’est pas une charge pour l’entreprise.
La part patronale des tickets restaurant est-elle exonérée ?
Oui, si elle est comprise entre 50 % et 60 % de la valeur du titre et ne dépasse pas la limite par titre fixée chaque année. Au-delà, l’excédent est un avantage soumis à cotisations. Pour l’entreprise, la part patronale reste une charge déductible.
La carte titre-restaurant se comptabilise-t-elle différemment ?
Non. Le rechargement de la carte remplace l’achat de carnets : même débit au 425, même répartition à la paie entre la part patronale en charge et la part salariale retenue sur le 421.
