La classe 1 regroupe les ressources durables de l’entreprise : ce que les associés ont apporté (capital), ce qu’elle a mis de côté (réserves, report à nouveau), le résultat de l’année, les provisions et les emprunts. Ce sont presque tous des comptes de passif, à solde créditeur.
Ce que contient la classe 1
Le règlement découpe la classe 1 en grands blocs. Les capitaux propres d’abord : capital et primes (10), écarts de réévaluation, réserves, report à nouveau (11), résultat de l’exercice (12), subventions d’investissement (13) et provisions réglementées (14). Viennent ensuite les provisions pour risques et charges (15), puis les emprunts et dettes assimilées (16 et 17) et enfin les comptes de liaison entre établissements (18).
Pour une petite société, cinq comptes font l’essentiel du travail : le 101 au moment de la constitution, le 1061 et le 1068 lors de l’affectation du résultat, le 110 ou le 119 pour le report à nouveau, et le 164 dès qu’un prêt bancaire est souscrit. En entreprise individuelle, le 108 Compte de l’exploitant enregistre tous les mouvements entre le patrimoine privé et le patrimoine professionnel.
Comment fonctionnent les comptes de classe 1
Ce sont des ressources : ils augmentent au crédit (apport en capital, bénéfice, nouvel emprunt) et diminuent au débit (remboursement d’emprunt, distribution de dividendes, imputation d’une perte). Le résultat de l’exercice illustre bien la logique : un bénéfice se lit au crédit du 120, une perte au débit du 129.
Exception notable : les comptes se terminant par 9 au niveau de trois chiffres fonctionnent en sens contraire, comme le 109 Actionnaires, capital souscrit non appelé (débiteur) ou le 119 Report à nouveau débiteur.
Les comptes de classe 1 les plus recherchés
| Compte | Intitulé | Recherches / mois |
|---|---|---|
| 108 | Compte de l'exploitant | 140 |
| 1068 | Autres réserves | 140 |
| 164 | Emprunts auprès des établissements de crédit si non-inscrits dans le compte 167 | 110 |
| 119 | Report à nouveau – solde débiteur | 110 |
| 168 | Autres emprunts et dettes assimilées | 90 |
| 165 | Dépôts et cautionnements reçus | 90 |
| 129 | Résultat de l'exercice, perte | 90 |
| 120 | Résultat de l'exercice – bénéfice | 90 |
| 110 | Report à nouveau – solde créditeur | 90 |
| 145 | Amortissements dérogatoires | 70 |
Liste complète des comptes de la classe 1
Les 93 comptes de la classe 1 dans la version officielle au 1er janvier 2026. Les comptes en lien ont une fiche détaillée.
10 Capital et réserves
Texte officiel : Selon la forme juridique sous laquelle s'exerce l'activité de l'entité, les apports et les bénéfices accumulés sont enregistrés dans les conditions suivantes : I – Comptes à l'usage de l'exploitant individuel. Le compte 101 « Capital » enregistre à son crédit : la valeur des apports de l'entrepreneur au début ou en cours d'activité ; (Art. 1211-10)
En pratique. C’est le compte des apports et des bénéfices mis de côté. En SAS ou en SARL, tu l’utilises surtout à la création : les apports en numéraire vont au 1013 Capital souscrit, appelé, versé. Ensuite, il revit chaque année lors de l’affectation du résultat : 1061 réserve légale (5 % du bénéfice tant qu’elle n’atteint pas 10 % du capital) et 1068 autres réserves. En entreprise individuelle, le compte clé est le 108 Compte de l’exploitant, qui trace tes apports et prélèvements personnels.
Piège fréquent : passer un capital non encore libéré directement au 1013. La part non versée reste au 1012 avec, en face, une créance au 4562. Depuis 2025, les subdivisions fines comme l’ancien 10688 ont disparu et les anciens 1051 à 1058 sont regroupés au 105.
- 101 Capital
- 1011 Capital souscrit – non appelé
- 1012 Capital souscrit – appelé, non versé
- 1013 Capital souscrit – appelé, versé
- 10131 Capital non amorti
- 10132 Capital amorti
- 1018 Capital souscrit soumis à des réglementations particulières
- 102 Fonds fiduciaires
- 104 Primes liées au capital
- 1041 Primes d'émission
- 1042 Primes de fusion
- 1043 Primes d'apport
- 1044 Primes de conversion d'obligations en actions
- 1045 Bons de souscription de titres en capital
- 105 Écarts de réévaluation
- 106 Réserves
- 1061 Réserve légale
- 1062 Réserves indisponibles
- 1063 Réserves statutaires ou contractuelles
- 1064 Réserves réglementées
- 1068 Autres réserves
- 107 Écart d'équivalence
- 108 Compte de l'exploitant
- 109 Actionnaires : capital souscrit – non appelé
11 Report à nouveau
Texte officiel : Le compte 11 « Report à nouveau » peut être subdivisé afin de distinguer le report à nouveau bénéficiaire au compte 110 « Report à nouveau – solde créditeur » et le report à nouveau déficitaire au compte 119 « Report à nouveau – solde débiteur ». (Art. 1211-11)
En pratique. Le report à nouveau garde la partie du résultat que les associés n’ont ni distribuée ni mise en réserve. Un bénéfice laissé en attente va au 110 (solde créditeur). Une perte de l’exercice, le plus souvent en début d’activité, va au 119 (solde débiteur) et sera imputée sur les bénéfices des années suivantes.
Confusion fréquente : le 119 n’est pas le déficit fiscal reportable. Ce dernier se suit sur la liasse fiscale, pas en comptabilité. Autre point d’attention : si les pertes font tomber les capitaux propres sous la moitié du capital social, la loi impose de consulter les associés sur la poursuite de l’activité. La réforme 2025 n’a changé que l’intitulé du compte, devenu simplement « Report à nouveau ».
12 Résultat de l'exercice
Texte officiel : Le compte 12 « Résultat de l'exercice » enregistre pour solde les comptes de charges et les comptes de produits de l'exercice. Le solde créditeur du compte 12 représente un bénéfice, les produits étant supérieurs aux charges. Le solde débiteur du compte 12 représente une perte, les charges étant supérieures aux produits. Le compte 12 est soldé après décision d'affectation du résultat. (Art. 1211-12)
En pratique. Le compte 12 ne se saisit pas à la main en cours d’année : ton logiciel le calcule à la clôture en soldant les classes 6 et 7. Un bénéfice arrive au 120, une perte au 129. Il est ensuite vidé lors de l’approbation des comptes : le bénéfice part en réserve (1061, 1068), en dividendes (457) ou en report à nouveau (110), la perte en général au 119.
Le piège classique : oublier de passer l’écriture d’affectation, et retrouver au bilan suivant deux résultats empilés au 12. Depuis la réforme 2025, un compte 1209 Acomptes sur dividendes a été créé pour les acomptes versés avant l’approbation des comptes, présentés en diminution du résultat.
- 120 Résultat de l'exercice – bénéfice
- 1209 Acomptes sur dividendes
- 129 Résultat de l'exercice, perte
13 Subventions d'investissement
Texte officiel : Le compte 131 « Subventions d’investissement octroyées » est crédité de la subvention par le débit d'un compte de tiers ou d'un compte financier. Le compte 139 « Subventions d'investissement inscrites au compte de résultat » est débité par le crédit du compte 747 « Quote-part des subventions d'investissement virée au résultat de l'exercice ». (Art. 1211-13)
En pratique. Tu reçois une aide de la région ou de l’État pour financer un équipement (machine, véhicule électrique, agencement) : c’est une subvention d’investissement. Elle est créditée au 131, puis chaque année tu en vires une quote-part au résultat, au rythme de l’amortissement du bien financé, par le débit du 139 et le crédit du 747.
Confusion fréquente : une aide qui finance ton activité courante (embauche, fonctionnement) est une subvention d’exploitation au 741, pas au 13. Et une avance remboursable accordée sous conditions va au 167. Depuis 2025, la quote-part virée au résultat passe au 747 (ancien 777, qui était en exceptionnel) et les anciennes subdivisions 1311 à 1318 sont regroupées au 131.
- 131 Subventions d'investissement octroyées
- 139 Subventions d'investissement inscrites au compte de résultat
14 Provisions réglementées
Texte officiel : Le fonctionnement des comptes de provisions réglementées est identique à celui des comptes de provisions décrit ci-dessous. (Art. 1211-14)
En pratique. Les provisions réglementées sont des écritures d’origine fiscale : elles n’expriment aucun risque réel, elles permettent de profiter d’un avantage fiscal. En TPE, un seul sous-compte sert vraiment : le 145 Amortissements dérogatoires, quand l’amortissement fiscal (dégressif, par exemple) dépasse l’amortissement comptable. Il est alimenté par le 68725 et repris par le 78725. Le 143 (provision pour hausse des prix) concerne surtout les entreprises à stocks importants.
Piège : confondre le 145 avec le 28. Le 28 porte l’amortissement économique du bien, le 145 seulement l’excédent fiscal. Depuis 2025, les anciens 142, 144, 146 et 147 sont regroupés au 148 Autres provisions réglementées.
- 143 Provisions réglementées pour hausse de prix
- 145 Amortissements dérogatoires
- 148 Autres provisions réglementées
15 Provisions
Texte officiel : Lors de la constitution d'une provision, le compte de provisions est crédité par le débit : du compte 681 « Dotations aux amortissements, aux dépréciations et aux provisions » lorsqu'elle concerne l'exploitation normale et courante de l’entité ; du compte 686 « Dotations aux amortissements, aux dépréciations et aux provisions » lorsqu'elle affecte la gestion financière de l'entité ; (Art. 1211-15)
En pratique. Tu y passes une dette probable dont le montant ou la date restent incertains à la clôture. Le cas le plus fréquent en TPE : un salarié licencié conteste devant les prud’hommes, tu provisionnes le risque au 1511 Provisions pour litiges. Autres usages courants : garanties données aux clients (1512), amendes et pénalités attendues (1514), gros entretien programmé (1525).
Piège fréquent : constituer une provision « de précaution » sans obligation née à la clôture, ce qui n’est pas admis. Autre confusion : une créance client douteuse ne se provisionne pas ici, elle se déprécie au 491. Depuis 2025, les provisions pour charges sont regroupées sous le 152 : les anciens 153 à 158 sont devenus 1521 à 1527.
- 151 Provisions pour risques
- 1511 Provisions pour litiges
- 1512 Provisions pour garanties données aux clients
- 1514 Provisions pour amendes et pénalités
- 1515 Provisions pour pertes de change
- 1516 Provisions pour pertes sur contrats
- 1518 Autres provisions pour risques
- 152 Provisions pour charges
- 1521 Provisions pour pensions et obligations similaires
- 1522 Provisions pour restructurations
- 1523 Provisions pour impôts
- 1524 Provisions pour renouvellement des immobilisations – entreprises concessionnaires
- 1525 Provisions pour gros entretien ou grandes révisions
- 1526 Provisions pour remise en état
- 1527 Autres provisions pour charges
16 Emprunts et dettes assimilées, fonds non remboursables et avances conditionnées
Texte officiel : Le compte 16 « Emprunts et dettes assimilées, fonds non remboursables et avances conditionnées » enregistre les emprunts, les dettes financières assimilées à des emprunts à l'exception de celles enregistrées au compte 17 « Dettes rattachées à des participations » et les fonds non remboursables et les avances conditionnées définis aux articles 315-1 à 316-1 du présent règlement. (Art. 1211-16)
En pratique. Dès que tu souscris un prêt bancaire (achat de véhicule, travaux, prêt garanti par l’État), le capital emprunté va au 164. Chaque échéance se découpe en trois : le capital remboursé au débit du 164, les intérêts au 66116, l’assurance emprunteur au 616. Le 165 reçoit les dépôts de garantie que tu encaisses, par exemple d’un sous-locataire. Le 1681 sert aux autres emprunts.
Piège classique : passer toute l’échéance en charge, ou à l’inverse tout au 164. Autre erreur : y loger l’argent prêté par un associé, qui relève du 455. Depuis 2025, les intérêts courus ont un compte par type d’emprunt, par exemple 1648 pour les emprunts bancaires, et l’ancien 1675 est devenu 1682 Emprunts participatifs.
- 161 Emprunts obligataires convertibles si non-inscrits dans le compte 167
- 1618 Intérêts courus sur emprunts obligataires convertibles
- 162 Obligations représentatives de passifs nets remis en fiducie si non-inscrites dans le compte 167
- 163 Autres emprunts obligataires si non-inscrits dans le compte 167
- 1638 Intérêts courus sur autres emprunts obligataires
- 164 Emprunts auprès des établissements de crédit si non-inscrits dans le compte 167
- 1648 Intérêts courus sur emprunts auprès des établissements de crédit
- 165 Dépôts et cautionnements reçus
- 1651 Dépôts
- 1655 Cautionnements
- 1658 Intérêts courus sur dépôts et cautionnements reçus
- 166 Participation des salariés aux résultats
- 1661 Comptes bloqués
- 1662 Fonds de participation
- 1668 Intérêts courus sur participation des salariés aux résultats
- 167 Fonds non remboursables et avances conditionnées
- 1671 Fonds non remboursables montant principal
- 16711 Titres participatifs montant principal
- 16712 Autres fonds non remboursables montant principal
- 1673 Avances conditionnées montant principal
- 1674 Avances conditionnées intérêts courus
- 168 Autres emprunts et dettes assimilées
- 1681 Autres emprunts
- 1682 Emprunts participatifs
- 1685 Rentes viagères capitalisées
- 1687 Autres dettes
- 1688 Intérêts courus sur autres emprunts et dettes assimilées
- 169 Primes de remboursement des emprunts
17 Dettes rattachées à des participations
Texte officiel : Les droits des coparticipants, non gérants, sur les immobilisations acquises ou créées dans le cadre d'une société en participation sont enregistrés, dans la comptabilité du gérant, propriétaire des biens, au crédit du compte 178 « Dettes rattachées à des sociétés en participation » par le débit du compte 458 « Associés – Opérations faites en commun et en GIE ». (Art. 1211-17)
En pratique. Compte rare en TPE. Il porte les dettes durables envers des entités avec lesquelles l’entreprise a un lien de participation, et dans le cas d’une société en participation, les droits des coparticipants sur les biens acquis (178). Une avance de trésorerie entre holding et filiale passe en général au 451. Depuis 2025, les anciens 1781 et 1788 sont regroupés au 178.
- 171 Dettes rattachées à des participations – groupe
- 174 Dettes rattachées à des participations – hors groupe
- 178 Dettes rattachées à des sociétés en participation
18 Comptes de liaison des établissements et sociétés en participation
Texte officiel : 1 – Le compte 18 « Comptes de liaison des établissements et sociétés en participation » est utilisé pour comptabiliser des cessions entre établissements, succursales, usines ou ateliers d'une même entité qui tiennent des comptabilités autonomes. (Art. 1211-18)
En pratique. Compte réservé aux entreprises qui ont plusieurs établissements tenant chacun une comptabilité autonome, ou qui gèrent une société en participation. Le 181 enregistre les échanges entre établissements et doit s’annuler au niveau de l’entité. Une TPE avec une seule comptabilité, même sur deux sites, n’en a pas besoin.
- 181 Comptes de liaison des établissements
- 186 Biens et prestations de services échangés entre établissements – charges
- 187 Biens et prestations de services échangés entre établissements – produits
- 188 Comptes de liaison des sociétés en participation
Questions fréquentes sur la classe 1
Quels sont les comptes de classe 1 ?
Ce sont les comptes de capitaux : capital et réserves (10), report à nouveau (11), résultat (12), subventions d’investissement (13), provisions réglementées (14), provisions (15), emprunts (16), dettes rattachées à des participations (17) et comptes de liaison (18).
La classe 1 est-elle à l'actif ou au passif ?
Au passif du bilan, à de rares exceptions près (109, 119, 129 en cas de perte) qui viennent en diminution des capitaux propres.
Où enregistrer un emprunt bancaire ?
Au compte 164 Emprunts auprès des établissements de crédit, crédité du capital emprunté par le débit du 512. Les intérêts courus non échus vont au 1648, les intérêts payés en charges au 6611.
Qu'est-ce que le compte 108 ?
Le compte de l’exploitant, propre aux entreprises individuelles : il enregistre les apports et prélèvements de l’entrepreneur pendant l’année. Il est soldé à la clôture par le résultat.
