Le compte 672 est un compte « à la disposition des entités » pour enregistrer, en cours d’exercice, les charges qui concernent une année déjà clôturée : facture oubliée, régularisation tardive, rappel. C’est un sas. Avant la clôture, chaque montant doit en sortir pour rejoindre son compte définitif : une charge d’exploitation, une charge financière ou, pour une correction d’erreur, le 678.
À quoi sert le compte 672 ?
En mars, tu reçois une facture de maintenance datée de novembre dernier, que personne n’avait enregistrée. L’exercice précédent est clos, ses comptes sont approuvés : tu ne peux plus y toucher. La charge doit donc passer dans l’exercice en cours. Le 672 te permet de la mettre de côté, le temps d’analyser ce qu’elle représente, sans mélanger tes charges de l’année avec celles des années passées.
Son intitulé officiel le dit : c’est un compte « à la disposition des entités », donc facultatif. Tu peux t’en passer et enregistrer directement la charge dans son compte définitif. Si tu l’utilises, l’Art. 1221-67 impose de le vider en fin d’exercice.
Pour la réimputation, tout dépend de la nature de l’écart. La régularisation d’une estimation (charges locatives, énergie, une facture un peu plus élevée que prévu) n’est pas une erreur : elle reste en exploitation (Art. 122-5). Une erreur ou une omission, elle, se corrige en résultat exceptionnel, au 678 (Art. 122-6 et 513-5). Son miroir côté produits est le 772.
Le 672 a un solde débiteur en cours d'année, mais il doit être nul à la clôture : il ne sert qu'à isoler provisoirement les charges des exercices passés.
Fonctionnement du compte 672 : débit et crédit
Il est débité
- en cours d’exercice, des charges qui se rapportent à un exercice antérieur, par le crédit du 401, du 512 ou d’un compte de tiers (TVA déductible au 44566)
Il est crédité
- en fin d’exercice, pour réimputer chaque charge dans son compte définitif : charge d’exploitation (60 à 65), charge financière (66) ou 678 pour une correction d’erreur
- des avoirs reçus sur une charge d’un exercice antérieur déjà enregistrée au 672, par le débit du 401
« En cours de période, les entités peuvent utiliser le compte 672 pour enregistrer les charges sur exercices antérieurs à condition de les réimputer, en fin d'exercice, selon leur affectation, dans les charges d'exploitation, les charges financières et les charges exceptionnelles. »
Source officielle : règlement ANC n° 2014-03 relatif au plan comptable général, version consolidée au 1er janvier 2026, Art. 1221-67.
Écritures types avec le compte 672
Les exemples ci-dessous suivent l’ordre de la vie réelle d’une opération. Montants en euros, TVA à 20 % sauf mention contraire.
1. En mars : une facture oubliée de l'exercice précédent
Tu reçois le duplicata d’une facture de maintenance de novembre N-1, 900 € HT, jamais enregistrée ni provisionnée. Tu la gares au 672 le temps de l’analyser.
| Compte | Libellé | Débit | Crédit |
|---|---|---|---|
| 672 | Maintenance novembre N-1, facture omise | 900 € | |
| 44566 | TVA déductible | 180 € | |
| 401 | Prestataire maintenance | 1 080 € |
2. En mai : la régularisation de charges locatives de N-1
Ton bailleur t’adresse le décompte des charges de l’année N-1 : 250 € HT de complément par rapport aux provisions versées.
| Compte | Libellé | Débit | Crédit |
|---|---|---|---|
| 672 | Régularisation charges locatives N-1 | 250 € | |
| 44566 | TVA déductible | 50 € | |
| 401 | Bailleur SCI Horizon | 300 € |
3. Avant la clôture : le 672 est vidé
La facture de maintenance omise est une erreur : elle est corrigée au 678. La régularisation de charges locatives est un ajustement d’estimation : elle retourne en exploitation, au 614. Le 672 revient à zéro.
| Compte | Libellé | Débit | Crédit |
|---|---|---|---|
| 678 | Correction d'erreur, maintenance N-1 | 900 € | |
| 614 | Régularisation charges locatives N-1 | 250 € | |
| 672 | Réimputation charges sur exercices antérieurs | 1 150 € |
Cas pratiques fréquents
Erreur ou changement d'estimation : comment trancher ?
Le règlement donne la clé. Un changement d’estimation résulte d’un changement de circonstances, d’une nouvelle information ou d’une meilleure expérience : son effet est enregistré dans l’exercice en cours, dans le compte de charge habituel (Art. 122-5). Une erreur résulte d’une omission matérielle, d’un calcul faux ou d’une interprétation erronée. Une charge à payer légèrement sous-estimée relève du premier cas, une facture purement oubliée du second. Un changement d’estimation ne devient une erreur que si l’estimation d’origine reposait sur des données manifestement erronées au vu des informations disponibles à l’époque.
Une erreur significative : ligne séparée
L’Art. 122-6 prévoit que l’incidence des corrections d’erreurs significatives est présentée sur une ligne séparée du compte de résultat, en dehors du résultat courant. Le 678 permet de les isoler. Si l’erreur portait sur une écriture imputée directement sur les capitaux propres, la correction se fait aussi en capitaux propres, et non en résultat.
Une charge oubliée, côté fiscal
Comptablement, la charge découverte en cours d’année s’enregistre sur l’exercice en cours. Fiscalement, une charge se rattache en principe à l’exercice au cours duquel la dette est devenue certaine : une facture oubliée de N-1 ne se déduit donc pas toujours du résultat de l’année où tu la découvres. Ce décalage peut demander un retraitement extracomptable ou une démarche sur l’exercice d’origine. Fais valider ce point avant de déposer ta liasse.
Les erreurs à éviter
Ne pas confondre le 672 avec
| Compte | Différence |
|---|---|
| 678 Autres charges exceptionnelles | Autres charges exceptionnelles : destination des corrections d’erreurs et des charges liées à un événement majeur et inhabituel. |
| 772 (Compte à la disposition des entités pour enregistrer, en cours d'exercice, les produits sur exercices antérieurs) | Le miroir côté produits : compte d’attente pour les produits sur exercices antérieurs, à vider lui aussi. |
| 408 Fournisseurs – Factures non parvenues | Factures non parvenues constatées à la clôture : la bonne façon d’éviter une charge oubliée l’année suivante. |
| 638 Rappel d’impôts (autres qu’impôts sur les bénéfices) | Rappel d’impôts autres qu’impôts sur les bénéfices, en charges d’exploitation depuis 2025. |
| 471 Comptes d'attente (jusqu'au 473) | Comptes d’attente de bilan, pour une opération dont tu ne connais pas encore l’imputation. |
Ce qui a changé avec la réforme du plan comptable
Questions fréquentes sur le compte 672
À quoi sert le compte 672 ?
C’est un compte d’attente facultatif pour enregistrer, en cours d’exercice, les charges qui concernent un exercice antérieur. Il doit être vidé en fin d’exercice : chaque charge est réimputée selon sa nature, en exploitation, en financier ou en exceptionnel au 678.
Comment comptabiliser une charge sur exercice antérieur ?
Si c’est un ajustement d’estimation, comme une régularisation de charges ou d’énergie, dans le compte de charge habituel de l’exercice en cours. Si c’est une vraie erreur ou une omission, au 678, en correction d’erreur (Art. 513-5). Le 672 peut servir de sas entre les deux.
Le compte 672 peut-il apparaître au bilan ou au compte de résultat ?
Non. Le 672 doit être soldé à la clôture : l’Art. 1221-67 impose de réimputer son contenu avant l’établissement des comptes annuels. Un solde au 672 dans une balance de clôture signale une écriture d’inventaire oubliée.
Une facture reçue en retard est-elle une charge exceptionnelle ?
Pas forcément. Depuis 2025, le résultat exceptionnel est réservé aux événements majeurs et inhabituels et aux corrections d’erreurs. Une facture de N-1 dont la charge avait été estimée reste en exploitation ; une facture totalement omise est une erreur, corrigée au 678.
Quelle différence entre le compte 672 et le compte 678 ?
Le 672 est un compte d’attente, vide à la clôture. Le 678 est un compte définitif : il reçoit les charges liées à un événement majeur et inhabituel et les corrections d’erreurs. Une partie de ce qui transite par le 672 finit au 678, le reste en exploitation ou en financier.
Quel compte pour un produit sur exercice antérieur ?
Le 772, le miroir du 672 côté produits. Il fonctionne de la même façon : compte d’attente facultatif en cours d’année, vidé en fin d’exercice dans les produits d’exploitation, financiers ou exceptionnels (778) selon la nature de chaque montant.
