Le rachat Fillon (Versement pour la Retraite) permet de racheter jusqu’à 12 trimestres manquants pour partir à taux plein plus tôt ou éviter une décote. Le prix fait mal (4 000 à 6 500 € par trimestre) mais l’économie d’impôt immédiate et le gain de pension sur 20 ans changent souvent l’équation. Le simulateur ci-dessous te donne le vrai TRI.
Rachat de trimestres retraite : rentabilité, TRI et point d’équilibre
Le rachat Fillon (Versement pour la Retraite) permet de compléter tes trimestres manquants. Ce simulateur chiffre le coût, l’économie d’IR immédiate, le gain sur ta pension et le nombre d’années nécessaires pour rentabiliser l’opération.
Le barème augmente avec l’âge, minimum 20 ans, maximum 66 ans
Sert de base au calcul du coût et de la pension gagnée
Sert à calculer l’économie d’IR immédiate (rachat déductible)
0 €
0 €
0 €
0 €
0 %
Le rachat de trimestres, à quoi ça sert exactement
Deux motifs qui reviennent tout le temps :
1. Éviter la décote
Si tu n’as pas tous tes trimestres à l’âge légal (167 à 172 selon ta génération), tu subis une décote de 1,25 % par trimestre manquant. Sur une pension de 2 000 €/mois avec 8 trimestres manquants, c’est 200 €/mois à vie, soit 60 000 € sur 25 ans.
2. Partir à taux plein plus tôt
Racheter 4 trimestres à 60 ans peut te permettre de partir un an avant l’âge légal, avec zéro décote. À condition d’être né à la bonne date et de bien lire l’écart entre âge légal (64 ans depuis la réforme 2023) et âge du taux plein automatique (67 ans).
Le rachat s’appelle officiellement VPLR (Versement pour la Retraite), régi par les articles L. 351-14-1 et suivants du Code de la sécurité sociale, dispositif dit « Fillon » depuis 2003. Il concerne les années d’études supérieures avec diplôme et les années incomplètes de cotisation.
Option 1 (taux seul) vs Option 2 (taux + durée)
Option 1 : rachat pour le taux uniquement
Le trimestre racheté compte pour le calcul du taux (éviter la décote) mais pas pour la durée d’assurance qui sert au calcul de la proratisation. Utile si tu as déjà tes 172 trimestres mais que tu subis une décote pour d’autres raisons.
Option 2 : rachat pour le taux et la durée
Le trimestre compte pour tout : taux, proratisation, pension complémentaire Agirc-Arrco. C’est 50 % plus cher que l’option 1, mais l’effet sur la pension est doublé. C’est l’option qui rend le rachat rentable dans 90 % des cas.
Règle simple : si tu rachètes, prends l’option 2. L’option 1 est un piège qui rend l’opération rarement rentable.
Le barème 2026 : à quel âge racheter
Le prix d’un trimestre est calculé selon ton âge au moment du rachat, ton salaire annuel moyen (dans la limite du PASS de 47 100 € en 2026, ou 75 % du PASS en dessous) et l’option retenue.
Ordre de grandeur 2026 (barème CNAV), pour un salaire au PASS :
- 30 ans, option 2 : environ 4 470 € / trimestre
- 40 ans, option 2 : environ 4 710 € / trimestre
- 50 ans, option 2 : environ 4 950 € / trimestre
- 55 ans, option 2 : environ 4 470 € / trimestre
- 60 ans, option 2 : environ 4 000 € / trimestre
- 62 ans, option 2 : environ 3 530 € / trimestre
Contre-intuitif : le prix baisse après 55 ans, car la durée d’actualisation restante avant la retraite diminue. Mais tu perds aussi la déductibilité massive si tes revenus tombent à la retraite.
Fenêtre optimale : entre 50 et 60 ans, quand ton TMI est encore élevée (30 ou 41 %) et que tu peux étaler le paiement sur 3 à 5 ans.
L’effet fiscal, le vrai levier caché
Le rachat est intégralement déductible du revenu imposable l’année du versement, sans plafond, sans option barème/prélèvement, à condition d’être encore actif.
Exemple : Marc, ingénieur, 52 ans, TMI 41 %. Il rachète 8 trimestres option 2 pour 40 000 €.
– Coût brut : 40 000 €
– Économie d’IR : 40 000 × 41 % = 16 400 €
– Coût net réel : 23 600 €
Sur la même opération à TMI 30 % : coût net 28 000 €. À TMI 11 % : 35 600 €. À TMI 0 % : 40 000 € (aucun intérêt fiscal).
Règle absolue : le rachat ne se justifie que si ta TMI est à 30 % minimum. Pour les TMI 0 ou 11 %, cherche d’autres pistes (surcote, cumul emploi-retraite, PER).
Alternative crédible : la surcote
Si tu as déjà tes 172 trimestres à l’âge légal (64 ans), chaque trimestre supplémentaire travaillé génère une surcote de 1,25 % sur ta pension, à vie. Pas d’IR à sortir, pas de rachat à payer, tu prolonges l’emploi et tu améliores mécaniquement ta pension.
Sur 4 trimestres de surcote, ta pension augmente de 5 %. Sur 8 trimestres (2 années), 10 %. Zéro décaissement, zéro fiscalité en amont.
La surcote est presque toujours plus rentable que le rachat quand elle est possible. Le rachat prend le dessus quand tu ne peux pas prolonger (fin de contrat, santé, projet perso).
Cas concrets
Cas 1 : cadre 50 ans, TMI 41 %, 4 trimestres à racheter option 2
– Salaire annuel : 55 000 €
– Coût : 4 × 4 950 € = 19 800 €
– Économie d’IR : 8 120 €
– Coût net : 11 680 €
– Gain de pension : environ 640 €/an brut
– Point d’équilibre : 11 680 / 640 = 18 ans
– Si Marc part à 62 ans et vit jusqu’à 87 ans (25 ans de retraite), il gagne 4 300 € net sur l’opération. TRI faible mais rachat rentable.
Cas 2 : dirigeant SASU 55 ans, TMI 45 %, 8 trimestres option 2
– Salaire annuel : 90 000 € (plafonné au PASS pour le calcul)
– Coût : 8 × 4 470 € = 35 760 €
– Économie d’IR : 16 100 €
– Coût net : 19 660 €
– Gain de pension : environ 1 300 €/an brut
– Point d’équilibre : 15 ans
– Rentabilité excellente si espérance de vie normale.
Cas 3 : professeur 45 ans, TMI 30 %, 4 trimestres option 2
– Salaire : 42 000 €
– Coût : 4 × 4 710 × (42 000/47 100) = 16 800 €
– Économie d’IR : 5 040 €
– Coût net : 11 760 €
– Gain de pension : environ 490 €/an brut
– Point d’équilibre : 24 ans
– Attention : rentabilité longue, seulement si carrière courte ou décote très pénalisante.
Erreurs à ne pas faire
Racheter trop tôt sans certitude sur la carrière : si tu as encore 15 ans d’activité, tu peux naturellement compléter tes trimestres par le travail. Rachète seulement si la fin de carrière est proche et le manque avéré.
Payer en une fois : tu écrases tout l’avantage fiscal sur une seule année. Étale sur 3 à 5 ans pour maximiser la déduction (attention à la tranche marginale qui peut basculer).
Ignorer les régimes complémentaires : le rachat CNAV n’améliore pas ta pension Agirc-Arrco. Les rachats complémentaires existent (rachat de points Agirc-Arrco), à chiffrer séparément.
Racheter alors que tu es proche du plafond de 25 % PASS : la pension a un plafond en régime général (environ 1 964 €/mois en 2026 pour la part CNAV). Si tu es déjà au plafond, le rachat ne servira à rien pour la CNAV, uniquement pour la complémentaire.
Qui peut racheter, dans quelles limites
- Années d’études supérieures : jusqu’à 12 trimestres, avec diplôme (ou 3 ans de scolarité minimum pour les grandes écoles).
- Années incomplètes : jusqu’à 12 trimestres pour les années où tu as validé moins de 4 trimestres.
- Total combiné : maximum 12 trimestres au titre du VPLR, tous motifs confondus.
- Âge : à partir de 20 ans, jusqu’à 66 ans révolus.
Cas spécifique : rachat « études » jeune actif (moins de 40 ans), tarif préférentiel (rabais de 670 € par trimestre en 2026, révisé chaque année). C’est une bonne affaire fiscale pour un jeune cadre à haut revenu qui veut sécuriser sa retraite tôt.
Questions fréquentes
Combien coûte le rachat aujourd’hui ?
Entre 3 500 et 6 500 € par trimestre selon âge, salaire et option. Le barème est publié chaque année au 1er janvier par la CNAV.
Puis-je racheter des années à l’étranger ?
Non, sauf via une convention bilatérale spécifique. Pour les carrières européennes, les trimestres cotisés dans un autre pays UE sont comptés par équivalence sans rachat.
Le rachat est-il déductible pour un indépendant ?
Oui, dans la même logique. Pour un dirigeant SASU rémunéré, la déduction s’impute sur le salaire imposable.
Que se passe-t-il si je décède avant de récupérer ma mise ?
Aucun héritage possible sur les trimestres rachetés. C’est un pari sur la longévité et sur la stabilité du système.
Puis-je racheter si je suis déjà à la retraite ?
Non. Le rachat doit intervenir avant la liquidation de la pension.
L’État peut-il modifier les règles rétroactivement ?
Techniquement possible mais politiquement rare. La dernière réforme (2023) a préservé les rachats effectués.
Vaut-il mieux racheter ou verser sur un PER ?
Le PER offre la même déductibilité, avec une sortie en capital ou en rente à ta main. Le rachat est un pari sur ton espérance de vie. Le PER est plus flexible, souvent préféré pour les TMI 41-45 % qui ont un horizon long.
Que change la réforme 2023 pour le rachat ?
L’âge légal passe à 64 ans, la durée d’assurance à 172 trimestres pour les nés à partir de 1965. Le rachat peut redevenir intéressant pour beaucoup de personnes qui avaient prévu 62 ans.
En pratique
Le rachat de trimestres reste une opération de niche : pertinent principalement pour les TMI 30 %+, avec un déficit avéré de trimestres à moins de 15 ans de la retraite, et une espérance de vie normale. Fais tourner le simulateur avec ton relevé de carrière (RIS ou RIS-E gratuit sur info-retraite.fr) et ta TMI réelle avant toute décision.
Pour croiser rachat, PER et arbitrage salaire/dividende sur ta rémunération de dirigeant, un logiciel comptable avec un conseiller (comme L-Expert-Comptable ou Swapn) chiffre les 3 scénarios en 10 minutes.
Comparateur : rachat trimestres vs surcote (dirigeant né en 1965)
Cas : dirigeant né en 1965, 170 trimestres validés à 62 ans (il manque 2 trimestres pour taux plein). Salaire moyen référence 45 000 €.
| Option | Coût / gain | Impact pension mensuelle | Retour sur investissement |
|---|---|---|---|
| Rachat 2 trimestres option 2 (taux + durée) | Coût ~13 000 € (déductible IR TMI 30 % = 3 900 € d’économie, donc 9 100 € net) | +95 €/mois (gain durée + taux plein) | ~8 ans pour amortir |
| Surcote : travailler 2 trimestres de plus | Gratuit | +65 €/mois (surcote 5 % pour 4 trimestres, soit 2,5 % pour 2) | Immédiat, mais tu bosses 6 mois de plus |
| Départ sans rien faire (décote) | Rien à faire | -95 €/mois (décote 1,25 % par trimestre manquant × 4 = -5 %) | Perte à vie |
Verdict : le rachat option 2 gagne à long terme, surtout si tu es en bonne santé (espérance de vie post-retraite > 20 ans). La surcote est plus rentable si tu es proche du taux plein et acceptes de bosser 6 mois de plus. Le pire choix est de partir avec une décote de 5 %, c’est une perte annuelle qui dure toute la retraite.
Astuce : le rachat est déductible du revenu imposable, donc plus ta TMI est haute plus l’opération devient intéressante nette.
Autres simulateurs qui peuvent t’intéresser
Pour aller plus loin dans ta réflexion, ces simulateurs traitent des sujets proches :
Sources et références :
– Articles L. 351-14-1 et R. 351-11 du Code de la sécurité sociale
– Circulaire CNAV 2025-3 fixant le barème du VPLR
– Décret n° 2003-1036 (loi Fillon)
– Réforme des retraites (loi n° 2023-270 du 14 avril 2023)
– Site officiel info-retraite.fr (GIP Union Retraite)
Auteur : Loïc H, passionné d’investissement et d’entrepreneurs.
Disclaimer : Le simulateur retient le barème CNAV 2025 indicatif. Le prix exact est calculé par la CNAV sur la base de ta situation individuelle (multi-régimes possibles). Le gain de pension dépend de ta durée totale d’assurance, de ta rémunération et des règles Agirc-Arrco. Confronte toujours ton cas à ton relevé de carrière officiel.
Ce contenu est informatif et ne constitue ni un conseil en investissement ni une recommandation personnalisée. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Certains liens peuvent être sponsorisés — cela n'affecte pas notre sélection éditoriale.
