La loi Malraux promet 30 % de réduction d’impôt sur les travaux. Sur le papier, c’est massif. En pratique, quand tu ajoutes le prix du bien, les frais annexes, la gestion patrimoniale et l’illiquidité à la revente, le rendement réel est tout autre. Le simulateur ci-dessous chiffre ta réduction, puis on décortique ce que les vendeurs ne mettent pas dans leur brochure.
Loi Malraux 2026 : réduction d’impôt réelle
Renseigne le montant de travaux éligibles, la zone (SPR/QAD à 30 % ou AVAP/PSMV à 22 %) et l’étalement souhaité. Le simulateur calcule ta réduction d’impôt totale, l’étalement annuel et vérifie le plafond des 400 000 € sur 4 ans.
Restauration complète validée par les Bâtiments de France
Travaux payés sur 1 à 4 ans max
Info ratio, hors calcul
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Loi Malraux : le principe en 3 minutes
La loi Malraux (article 199 tervicies du CGI) donne une réduction d’impôt sur le revenu aux propriétaires qui restaurent un immeuble ancien situé dans une zone patrimoniale protégée, sous réserve de louer le bien 9 ans minimum après travaux. Ce n’est pas une réduction sur le prix d’achat, c’est une réduction sur le montant des travaux payés.
Deux taux selon la zone :
- 30 % pour les biens en Site Patrimonial Remarquable (SPR, ex-secteur sauvegardé) avec plan de sauvegarde et de mise en valeur (PSMV) approuvé, ou en Quartier Ancien Dégradé (QAD)
- 22 % pour les biens en Aire de Valorisation Architecture et Patrimoine (AVAP, ex-ZPPAUP) ou en SPR sans PSMV approuvé
Le plafond des dépenses éligibles est de 400 000 € sur 4 ans, soit 100 000 € par an en moyenne. Sur 400 000 € de travaux en zone SPR, la réduction atteint 120 000 €. En zone AVAP, 88 000 €.
Ce que la loi Malraux n’est pas
- Pas une réduction sur le prix d’achat. Seuls les travaux comptent. Le bien lui-même n’ouvre aucun avantage fiscal.
- Pas une déduction du revenu foncier. C’est une réduction d’impôt directe, imputée sur l’IR global de l’année du paiement.
- Pas cumulable avec Denormandie ou Pinel sur le même bien.
- Pas soumise au plafond des niches fiscales de 10 000 € (art. 200-0 A CGI), ce qui la rend intéressante pour les TMI 41 % et 45 %.
Différence Malraux vs Denormandie vs Pinel plus
| Dispositif | Réduction max | Type de bien | Zone | Cumul niches 10 k€ |
|---|---|---|---|---|
| Malraux | 22 à 30 % des travaux, plafond 400 k€ sur 4 ans | Ancien à rénover | SPR / QAD / AVAP | Hors plafond |
| Denormandie | 12 à 21 % du prix, plafond 300 k€ | Ancien avec travaux 25 % | 245 villes moyennes | Dans plafond 10 k€ |
| Pinel plus | Jusqu’à 21 % du prix, plafond 300 k€ | Neuf avec critères env. | Zones A/A bis/B1 | Dans plafond 10 k€ |
| Déficit foncier | 100 % des travaux d’entretien, plafond 10 700 €/an sur revenu global | Locatif nu ancien | Aucune zone | Hors dispositif |
Malraux se distingue par deux atouts : la sortie du plafond des 10 000 € et le taux réel très supérieur aux autres dispositifs sur les travaux. Le revers est structurel : un bien Malraux coûte cher, se revend mal, et n’a de sens que dans une stratégie patrimoniale long terme.
Les vrais coûts cachés d’un Malraux
Un dossier Malraux typique en 2026 combine :
- Un bien ancien en centre-ville historique (Bordeaux, Lyon, Nantes, Marseille, La Rochelle, Toulouse, Rouen, Nancy…) : 3 000 à 8 000 €/m² selon la ville, souvent en lot d’un immeuble complet
- Un programme de travaux validé par les Architectes des Bâtiments de France (ABF) : 1 500 à 3 500 €/m² de restauration lourde
- Des frais annexes rarement dans la brochure : notaire 7 à 8 % de l’ancien, honoraires d’architecte 8 à 12 % des travaux, frais de commercialisation du montage 5 à 10 %, frais de gestion patrimoniale annuels
Sur un montage 150 000 € de foncier + 250 000 € de travaux affichés en brochure, le coût réel monte souvent à 480-520 000 € tout compris. La réduction fiscale de 75 000 € en zone SPR compense 15 à 16 % du coût total, pas 30 %.
Cas concret : appartement 55 m² dans le vieux Bordeaux
- Prix acquisition : 160 000 €
- Travaux Malraux : 220 000 €
- Zone : SPR avec PSMV (taux 30 %)
- Étalement travaux : 2 ans
Réduction Malraux totale : 66 000 € (33 000 €/an sur 2 ans)
Coût réel tout compris (avec notaire 7 %, honoraires 10 %, frais montage 5 %) :
- Prix : 160 000 € + notaire 11 200 € = 171 200 €
- Travaux + honoraires : 220 000 € + 22 000 € = 242 000 €
- Frais commercialisation : 11 000 €
- Investissement total : 424 200 €
Après réduction Malraux : 358 200 € nets pour un bien qui vaudra probablement 350-400 000 € à la revente dans 10 ans (marché ancien centre-ville dépendant du cycle). Loyer annuel espéré : 950 €/m² × 55 m² = 12 500 €/an brut.
Rendement locatif brut : 3,5 % du prix payé. Une fois retirés charges, taxe foncière, gestion, vacance, on atterrit vers 2,3 % net. Malraux est un investissement fiscal, pas locatif.
Rendement réel (TRI) après tout
Sur ce même cas, un calcul TRI sur 15 ans (revente à valeur d’achat, loyer stable, fiscalité foncière TMI 41 %) sort un TRI net autour de 3 à 4 % / an dans les meilleurs cas, contre 5-7 % pour un investissement locatif classique en zone tendue ou 6-8 % pour des SCPI européennes.
L’intérêt Malraux se resserre autour de deux cas précis :
- TMI 45 % avec IFI significatif : la réduction 30 % + hors plafond niches sort du lot
- Diversification patrimoniale immobilière prestige dans une ville historique où tu veux résider plus tard
En dehors, l’analyse indépendante penche pour Denormandie (villes moyennes avec vraie décote) ou déficit foncier (plus flexible, moins engageant).
Les erreurs à éviter
- Prendre un montage clé en main sans vérifier les prix travaux au m² face au marché local (souvent surfacturés 20-40 %)
- Négliger la revente : les biens Malraux se revendent dans un marché de niche, avec parfois des décotes à la sortie
- Sous-estimer le risque abattage travaux : si les ABF refusent une phase de travaux, le calendrier explose
- Oublier l’engagement locatif 9 ans : sortie anticipée = perte totale de la réduction avec intérêts de retard
- Louer à un ascendant ou descendant : interdit sur toute la durée d’engagement
Questions fréquentes
Puis-je acheter le bien en SCI ?
Oui, à condition que la SCI soit soumise à l’IR et non à l’IS. Les associés bénéficient de la réduction à hauteur de leur quote-part.
Combien de temps dois-je louer le bien ?
Au moins 9 ans après l’achèvement des travaux, à un locataire qui en fait sa résidence principale, hors ascendants et descendants.
Puis-je récupérer la TVA sur les travaux ?
Non pour un investissement patrimonial classique (bien loué nu à usage d’habitation). La TVA à 10 % ou 20 % sur travaux est incluse dans l’assiette Malraux.
Que se passe-t-il si les travaux durent plus longtemps que prévu ?
La réduction s’étale sur l’année où chaque euro est effectivement payé. Un retard n’annule pas le droit, il décale l’imputation.
Quel type de professionnel me faire accompagner ?
Un notaire spécialisé en défiscalisation, un architecte agréé ABF pour valider les travaux, et un conseiller en gestion de patrimoine indépendant qui ne touche pas de rétrocommission sur le montage.
Malraux ou déficit foncier pour un bien à Paris ?
À Paris intra-muros (SPR du Marais, du 7e arrondissement, etc.), le Malraux vise les gros patrimoines. Pour des travaux plus modestes (< 100 k€), le déficit foncier reste souvent plus flexible et moins engageant.
Quel est le vrai TRI espéré ?
Entre 2,5 % et 5 % net par an sur 15 ans dans une hypothèse conservatrice (revente à prix stable, loyer indexé). Nettement inférieur aux 8-10 % que certaines brochures promettent en supposant une revalorisation forte.
En pratique
La loi Malraux n’est pas un produit à démolir, c’est un dispositif spécifique qui prend son sens dans deux contextes : très haut revenu avec charge fiscale saturée, ou stratégie patrimoniale familiale sur un immeuble historique. En dehors de ces deux cas, la lecture indépendante montre que les alternatives (Denormandie, déficit foncier, SCPI européennes en démembrement) offrent souvent un meilleur couple risque/rendement.
Le simulateur ci-dessus donne la mécanique fiscale brute. Pour arbitrer entre Malraux, Denormandie, Pinel plus et déficit foncier avec ton propre profil (TMI, IFI, horizon), un logiciel comptable avec un conseiller (comme L-Expert-Comptable ou Swapn) chiffre les TRI nets sur 15 ans en évitant les hypothèses trop optimistes des brochures commerciales.
Comparateur : Malraux vs Denormandie vs déficit foncier (200 000 € de travaux)
Investissement 200 000 € de travaux sur bien ancien, TMI 41 % foyer, engagement locatif 9 ans (Malraux) ou 6-12 ans (Denormandie) ou 3 ans (déficit foncier).
| Poste | Malraux (SPR/QAD) | Denormandie | Déficit foncier |
|---|---|---|---|
| Réduction / imputation immédiate | Réduction IR 30 % des travaux | Réduction IR 12/18/21 % du prix d’acquisition (bien + travaux) | Imputation 10 700 €/an (21 400 € si rénovation énergétique) sur revenu global |
| Sur 200 000 € de travaux | 60 000 € de réduction (étalable 4 ans max) | Ne s’applique qu’au prix acquisition, pas aux travaux seuls | 21 400 € × 41 % = 8 774 € × 10 ans avec report = ~87 700 € |
| Engagement locatif | 9 ans | 6 à 12 ans | 3 ans |
| Zonage | Site patrimonial remarquable (SPR) ou QAD | Villes moyennes en revitalisation | Aucun zonage |
| Plafond niches fiscales (10 000 €) | Hors plafond | Dans le plafond | Hors plafond (imputation, pas réduction) |
| Complexité | Élevée (autorisation ABF, artisans agréés) | Moyenne | Faible |
Verdict : Malraux est le plus généreux mais le plus contraignant (SPR + engagement 9 ans). Le déficit foncier est le plus simple et souvent le plus rentable sur les travaux importants concentrés sur 1-2 ans. Denormandie a le mérite d’inclure le prix d’acquisition dans la base éligible. À faire trancher au cas par cas, un logiciel comptable avec un conseiller te sort le net après tout en 15 minutes.
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Sources et références :
– Article 199 tervicies du Code général des impôts
– BOFIP-IR-RICI-200 (réductions d’impôt Malraux)
– Loi n° 2016-925 du 7 juillet 2016 relative à la liberté de création (création des SPR)
– Rapports annuels de la Cour des comptes sur les dépenses fiscales
– Bulletins ANIL et ADIL, marché de l’ancien restauré
Auteur : Loïc H, passionné d’investissement et d’entrepreneurs.
Disclaimer : Le simulateur applique les taux 30 % (SPR/QAD) et 22 % (AVAP/PSMV) sur les travaux dans la limite du plafond de 400 000 € sur 4 ans. Il ne prend pas en compte les honoraires, les frais de notaire, la fiscalité foncière post-travaux ni les frais de gestion. Le TRI réel doit être modélisé cas par cas avec ton conseiller fiscal.
Ce contenu est informatif et ne constitue ni un conseil en investissement ni une recommandation personnalisée. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Certains liens peuvent être sponsorisés — cela n'affecte pas notre sélection éditoriale.
