Article redigé par Loïc H, mise à jour 2026. Méthodologie basée sur documentation officielle : registre AMF des PSFP (règlement européen 2020/1503), rapport de transparence Enerfip au 25 août 2026, statuts déposés au Greffe de Montpellier, données publiques Trustpilot, chiffres consolidés Financement Participatif France (FPF).
Mon avis Enerfip en synthèse
Note globale : 8,5 / 10. Enerfip est aujourd’hui la référence française du crowdfunding en énergies renouvelables. Créée en 2014 à Montpellier, la plateforme affiche 875 M€ collectés sur 618 projets, un TRI net de risque de 7,16 % et surtout un taux de défaut réglementaire de 0,78 %, l’un des plus bas du marché du financement participatif obligataire en France. Agrément PSFP (Prestataire de Services de Financement Participatif) auprès de l’AMF au titre du règlement européen 2020/1503, marché secondaire Enerdeal opérationnel, ticket d’entrée à 10 €, tarification zéro frais pour l’investisseur. Le principal bémol reste la concentration sectorielle sur la transition énergétique, qui expose à un risque de corrélation en cas de choc réglementaire sur le tarif de rachat de l’électricité ou sur la fiscalité des ENR. Pour un investisseur qui veut sortir d’un livret A, diversifier une poche de 5 à 15 % de son patrimoine liquide et donner du sens à son épargne, Enerfip fait partie des trois plateformes que je garde en portefeuille.
Fiche plateforme Enerfip (données au 25 août 2026)
| Année de création | 2014 (Léo-Paul Jamme et Julien Hostache) |
| Siège social | Montpellier (Hérault, France) |
| Statut réglementaire | PSFP (Prestataire de Services de Financement Participatif) agréé par l’AMF au titre du règlement européen 2020/1503 dit ECSP |
| Actionnariat | Fondateurs majoritaires après management buy-out, financé 4,5 M€ par Crédit Agricole Languedoc, Banque Populaire du Sud et Caisse d’Épargne Languedoc Roussillon |
| Effectifs | Environ 60 collaborateurs (source Enerfip, page équipe) |
| Encours cumulé collecté | 875,19 M€ tous instruments confondus, 680,99 M€ dans le périmètre France FinTech (prêts et obligations sous agrément PSFP) |
| Nombre de projets financés | 618 projets (dont 131 sur l’année 2025 et 20 sur les deux premiers mois 2026) |
| TRI moyen pondéré | 7,46 % brut annualisé sur les 618 projets |
| TRI net de risque | 7,16 % net de défauts et de retards constatés |
| Taux de défaut réglementaire | 0,78 % (méthode ECSP, projets en procédure collective ou judiciaire) |
| Pertes définitives | 0 € constaté à ce jour (aucune perte définitive en capital pour les investisseurs) |
| Trustpilot | 4,3 / 5 sur 954 avis vérifiés |
| Ticket minimum | 10 € par projet |
| Frais côté investisseur | 0 € (les frais sont facturés au porteur de projet) |
| Marché secondaire | Enerdeal, service de gré à gré permettant la cession de titres entre investisseurs |
TL;DR en 30 secondes
- Qui ? Enerfip, plateforme française de crowdfunding dédiée aux énergies renouvelables, créée en 2014 à Montpellier.
- Quoi ? Investir en direct dans des projets solaires, éoliens, hydroélectriques, biomasse, hydrogène, mobilité durable, sous forme d’obligations, minibons ou prêts IFP.
- Combien ? Ticket dès 10 €, rendement cible 5 % à 9 % brut, durée moyenne 2 à 5 ans, aucun frais d’entrée ni de gestion pour l’investisseur.
- Sécurité ? Agrément PSFP AMF (règlement européen 2020/1503), taux de défaut réglementaire 0,78 %, zéro perte définitive constatée depuis 2014.
- Verdict : 8,5 / 10, à recommander pour toute poche impact ENR de 5 à 15 % du patrimoine liquide, à condition de diversifier sur 20 à 30 projets minimum.
Qui est Enerfip ? Histoire, statut PSFP AMF et gouvernance
Enerfip est née en 2014 sous l’impulsion de Léo-Paul Jamme et Julien Hostache, deux entrepreneurs convaincus que la transition énergétique française ne pourrait pas se financer avec les seuls acteurs bancaires historiques. L’idée initiale, rendre accessible aux particuliers le financement d’une centrale solaire ou d’un parc éolien avec un ticket de 10 €, était à l’époque un pari : le crowdfunding en France en était à ses balbutiements et le statut d’IFP (Intermédiaire en Financement Participatif) venait tout juste d’être créé par ordonnance du 30 mai 2014.
Dix ans plus tard, Enerfip est devenue la première plateforme française de financement participatif dédiée exclusivement à la transition énergétique. Le siège reste à Montpellier, les équipes sont passées à une soixantaine de collaborateurs, et la plateforme opère aujourd’hui en France, en Belgique et en Espagne via une entité européenne unique. En 2024, la plateforme a basculé sous le statut européen PSFP (Prestataire de Services de Financement Participatif) délivré par l’AMF en application du règlement européen 2020/1503 dit ECSP (European Crowdfunding Service Providers). Ce statut unifie les règles de transparence, de gestion des conflits d’intérêts, de reporting sur les défauts et d’information précontractuelle sur les 27 pays de l’Union européenne. Concrètement, cela oblige la plateforme à publier chaque projet avec une KIIS (fiche d’informations clés sur l’investissement) normée, à afficher un score de risque, et à publier annuellement son taux de défaut selon une méthodologie définie par l’ESMA.
Côté gouvernance, la structure a connu un événement récent qui mérite d’être mentionné pour un investisseur : les fondateurs et le management ont racheté 100 % des parts des minoritaires historiques dans une opération de management buy-out financée à hauteur de 4,5 M€ par Crédit Agricole Languedoc, Banque Populaire du Sud et Caisse d’Épargne Languedoc Roussillon (source Journal des Entreprises, 2025). Avant cette opération, la Caisse d’Épargne de Midi-Pyrénées (groupe BPCE) et Crédit Agricole étaient entrés au capital respectivement en 2016 et 2018, apportant un signal de confiance institutionnelle. La plateforme reste donc pilotée par ses fondateurs, avec un financement bancaire long terme adossé à trois groupes mutualistes régionaux. Pour l’investisseur, c’est un signal de stabilité opérationnelle plus rassurant qu’une plateforme dépendante d’une levée de fonds VC à réitérer tous les 18 mois.
Types de projets financés sur Enerfip
Le catalogue Enerfip est structuré autour de six familles de projets, ce qui permet une vraie diversification thématique au sein d’une même plateforme :
- Solaire photovoltaïque : centrales au sol, ombrières de parking, toitures agricoles ou tertiaires. C’est historiquement la famille la plus représentée en volume, avec des durées de 24 à 60 mois et des rendements bruts de 5 à 8 %.
- Éolien terrestre : financement de développement de parcs éoliens, avant obtention du permis ou pendant la phase de construction. Rendements plus élevés, souvent 7 à 9 %, en contrepartie d’un risque projet plus concentré.
- Hydroélectrique : petites centrales sur rivière, rénovation de moulins, projets de barrages basse chute. Segment plus rare mais très recherché car les tarifs de rachat sont sécurisés sur 20 ans.
- Biomasse et biogaz : méthanisation agricole, chaufferies bois, valorisation de déchets. Souvent adossés à des exploitants agricoles avec un modèle de revenu double, tarif de rachat de l’électricité ou du gaz plus vente de digestat.
- Hydrogène et efficacité énergétique : segment plus récent, financement d’électrolyseurs, de stations de recharge, de rénovation thermique de bâtiments industriels.
- Mobilité durable : bornes de recharge, flottes de véhicules électriques, réseaux de vélos partagés. Encore marginal en volume mais en croissance.
Sur les 618 projets financés à ce jour, environ 65 % relèvent du solaire, 15 % de l’éolien, 10 % du biogaz/biomasse, le reste étant réparti entre hydroélectrique, hydrogène, mobilité et efficacité énergétique. Cette concentration sectorielle est à la fois la force et la principale limite d’Enerfip : la spécialisation permet une expertise projet supérieure aux plateformes généralistes, mais elle expose l’investisseur à un risque de corrélation en cas de choc réglementaire, par exemple si l’État français revoyait à la baisse les tarifs de rachat, ou si la fiscalité du BTP en zone rurale évoluait défavorablement pour les centrales au sol.
Fonctionnement : obligations, minibons et prêts IFP
Concrètement, quand vous investissez dans un projet Enerfip, vous ne devenez jamais actionnaire du projet. Vous êtes créancier obligataire. Trois véhicules coexistent sur la plateforme :
- Obligations simples : le véhicule majoritaire depuis 2024. Vous souscrivez à un emprunt obligataire émis par une société de projet (SPV). Vous recevez des intérêts périodiques (mensuels, trimestriels ou in fine) et le capital est remboursé à l’échéance ou au fil de l’eau. C’est le régime qui bénéficie du statut PSFP.
- Minibons : titres de dette émis par une PME, régime français antérieur au règlement européen. Enerfip en propose encore quelques-uns pour des opérations spécifiques, notamment sur le développement de portefeuille de projets pour un développeur.
- Prêts IFP : prêts directs à taux fixe, plafonnés à 5 000 € par prêteur particulier et par projet. Régime résiduel, utilisé principalement pour des projets citoyens de petite taille (moins de 500 K€ à lever).
La durée moyenne d’un projet est de 3 ans, avec un pic de projets à 24, 36 et 48 mois. Le TRI cible affiché sur chaque KIIS varie de 5 % à 9 % brut annuel. Le rendement est fixé à l’avance, il ne dépend pas de la performance opérationnelle du projet (contrairement à un investissement en capital), ce qui explique pourquoi les taux de rendement sont plus prévisibles que sur des plateformes de private equity ou de venture. En contrepartie, en cas de défaillance du porteur, l’investisseur obligataire n’a pas droit à un partage de la valeur du projet, mais entre dans une procédure collective classique où il se positionne au rang défini dans le contrat obligataire (senior, junior, subordonné).
Historique de performance : la donnée qui compte vraiment
En crowdfunding, il n’y a qu’une seule vraie question à poser à une plateforme : quel est ton taux de défaut cumulé depuis le début et quel est le TRI net après pertes ? Toutes les autres métriques sont secondaires. Voici ce que publie Enerfip au 25 août 2026, dans son rapport de transparence public accessible depuis la page chiffres clés du site :
| Encours cumulé collecté | 875,19 M€ tous instruments, 680,99 M€ périmètre PSFP |
| Nombre de projets financés | 618 |
| Nombre d’investisseurs uniques | Plus de 80 000 |
| Taux moyen pondéré brut | 7,46 % annualisé |
| TRI net de risque | 7,16 % |
| Projets en retard 0 à 6 mois | 37 projets, 8,52 M€ (taux 1,25 %) |
| Projets en retard supérieur à 6 mois | 1 projet, 20 000 € |
| Projets en procédure collective | 8 projets, 5,27 M€ (taux 0,78 %) |
| Cumul retards + défauts | 2,03 % du capital collecté |
| Pertes définitives en capital | 0 € constaté à date |
Ces chiffres sont à mettre en perspective. Le baromètre annuel du crowdfunding publié par Financement Participatif France et Mazars donne, pour l’ensemble du marché français du financement participatif en obligations, un taux de défaut cumulé de l’ordre de 6 % à 10 % en 2025 selon les segments, tiré vers le haut par l’immobilier qui a subi la crise de la promotion neuve depuis 2023. À 0,78 % réglementaire et 2,03 % en cumul retard + défaut, Enerfip se situe donc très largement en dessous de la moyenne du marché. Deux raisons expliquent cette performance : d’abord, le segment énergie renouvelable bénéficie de tarifs de rachat de l’électricité garantis par l’État sur 15 à 20 ans, ce qui sécurise les cash flows du projet ; ensuite, l’équipe Enerfip fait un travail de sélection sévère, avec un taux de refus des dossiers d’environ 80 % selon les propos publics des fondateurs.
Point à souligner honnêtement : « zéro perte définitive » ne veut pas dire « zéro risque ». Cela veut dire qu’aucune procédure collective en cours n’a été soldée par une perte irrécouvrable, mais 5,27 M€ sont aujourd’hui en procédure judiciaire, et une partie de ce capital pourrait ne jamais revenir. Le calcul du TRI net à 7,16 % intègre déjà cette hypothèse pessimiste. Un investisseur prudent doit donc raisonner sur un rendement cible autour de 6 à 7 % net, pas 8 % ou 9 %.
Marché secondaire Enerdeal : comment revendre avant l’échéance
Un investissement obligataire en crowdfunding est par nature illiquide : vous vous engagez pour la durée du projet (2 à 5 ans en général) et vous ne pouvez pas récupérer votre capital avant. Sauf sur Enerfip, qui propose depuis 2020 un marché secondaire baptisé Enerdeal. Voici comment il fonctionne concrètement.
Enerdeal est un service de mise en relation entre investisseurs souhaitant vendre leurs obligations et investisseurs souhaitant en acheter. Une fois qu’un projet a versé sa première échéance d’intérêts, ses obligations deviennent éligibles à Enerdeal. Le vendeur poste une annonce, fixe librement son prix de cession (à la valeur nominale, avec une décote ou avec une prime), et l’acheteur qui accepte le prix conclut la transaction. Le règlement est effectué par Enerfip qui joue le rôle de tiers de confiance : les titres sont transférés et les fonds sont crédités en général sous 5 jours ouvrés.
Les frais de cession sont de 0,9 % HT du montant vendu, prélevés côté vendeur. C’est raisonnable comparé à l’absence pure et simple de liquidité qui prévaut sur la plupart des concurrents. À l’usage, la liquidité effective d’Enerdeal est correcte sur les projets récents et de taille moyenne : sur mes propres cessions de test, j’ai trouvé un acheteur en moins de 15 jours à la valeur nominale. Pour les projets en retard ou en procédure, en revanche, il n’y a évidemment aucun acheteur, ce qui est logique. Enerdeal reste un vrai plus qui différencie Enerfip d’un Lendosphere ou d’un Lumo, mais il ne faut pas le confondre avec un carnet d’ordres boursier temps réel : c’est du gré à gré, cotation manuelle, et le nombre de contreparties reste limité au vivier d’utilisateurs Enerfip.
Frais Enerfip : la grille détaillée
- Ouverture de compte investisseur : gratuit.
- Souscription à un projet : 0 € de frais.
- Frais de gestion annuels : 0 €.
- Retrait vers votre compte bancaire : gratuit.
- Cession sur Enerdeal (marché secondaire) : 0,9 % HT du montant vendu, à la charge du vendeur.
- Frais côté porteur de projet : entre 4 et 7 % du montant levé, plus une commission de succès. Ces frais expliquent le modèle économique de la plateforme et ne sont pas répercutés sur l’investisseur.
La grille tarifaire investisseur est donc parmi les plus lisibles du marché : ce que vous voyez affiché comme TRI cible est ce que vous touchez avant fiscalité. Aucun frais caché, aucun droit de garde, aucun ticket d’entrée majoré. Sur ce plan, Enerfip est aligné avec les meilleures pratiques du marché (Homunity, La Première Brique, Raizers pratiquent la même politique du zéro frais côté investisseur).
Fiscalité Enerfip : PFU 30 %, option barème, cas particuliers
Le régime fiscal des revenus perçus via Enerfip dépend du type de véhicule et du statut de l’investisseur. Voici les grandes lignes pour un particulier résident fiscal français.
- Obligations et minibons : les intérêts sont soumis par défaut au Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) de 30 %, soit 12,8 % d’impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux (article 200 A du CGI). L’établissement payeur, ici Enerfip, prélève à la source lors du versement des coupons.
- Option pour le barème progressif : vous pouvez opter pour l’imposition au barème progressif de l’IR au moment de votre déclaration annuelle (case 2OP). Intéressant uniquement si votre tranche marginale d’imposition est inférieure à 12,8 %, donc en pratique pour les foyers non imposables ou dans la tranche à 11 %.
- Prêts IFP : même régime PFU 30 % que les obligations. La déductibilité fiscale des pertes en capital sur prêts IFP est possible sur les intérêts perçus au titre de la même année et des 5 années suivantes (article 125-00 A du CGI), un point rarement exploité mais utile en cas de défaut.
- Éligibilité PEA-PME : les obligations crowdfunding EnR ne sont pas éligibles au PEA-PME, contrairement à une idée reçue. Le PEA-PME accepte uniquement les titres de capital ou les OPCVM dédiés, pas les obligations émises par des SPV.
- Investisseur société (IS) : les intérêts sont intégrés au résultat imposable et taxés au taux de l’IS (15 % puis 25 % selon le bénéfice). Régime souvent plus efficient qu’une détention en direct, à discuter avec votre expert-comptable.
- IR-PME (Madelin) et IR-transition énergétique : les obligations Enerfip ne sont pas éligibles au dispositif IR-PME (réduction 18 %), qui vise le capital et non la dette. Attention aux confusions sur ce point.
Enerfip fournit chaque année en début de campagne fiscale un imprimé fiscal unique (IFU 2561) récapitulant les intérêts versés, ce qui simplifie la déclaration. En pratique, tout est pré-rempli si vous ouvrez votre déclaration en ligne. Pensez toutefois à vérifier la ligne 2TR (intérêts imposables) et la ligne 2CK (crédit d’impôt sur prélèvement forfaitaire déjà opéré).
Risques : à quoi vous exposez-vous vraiment
Aucun rendement à 7 % net ne se prend sans risque. Il faut être lucide sur ce à quoi on s’expose en investissant sur Enerfip. Je distingue quatre risques principaux :
- Risque de défaillance du porteur de projet : le développeur EnR peut faire faillite avant remboursement. Vous êtes créancier obligataire, vous entrez dans la procédure collective. Le taux de défaut réglementaire de 0,78 % vous donne une idée de la fréquence, mais elle peut évoluer.
- Risque de retard de remboursement : bien plus fréquent que le défaut sec (2,03 % de cumul retard + défaut). Un projet peut prendre 6 à 18 mois de retard sans que le capital ne soit perdu, mais votre TRI en pâtit et votre trésorerie est immobilisée.
- Risque réglementaire et sectoriel : concentration sur les ENR. Une révision à la baisse des tarifs de rachat de l’électricité par l’État français, une augmentation de la taxe sur les moulins hydroélectriques, un changement du régime CSPE, tout cela impacterait mécaniquement la rentabilité des projets en portefeuille.
- Risque de liquidité : même avec Enerdeal, en cas de choc de marché ou de retournement, vous ne trouverez pas nécessairement d’acheteur sur vos titres. Il faut considérer l’argent investi comme immobilisé sur la durée du projet.
La règle prudentielle que j’applique et que je recommande : ne jamais investir sur un seul projet plus de 5 % de la poche allouée au crowdfunding, viser un minimum de 20 à 30 lignes en portefeuille, ne pas dépasser 15 % de son patrimoine liquide global sur du crowdfunding tous acteurs confondus. Ainsi, un défaut ponctuel ne bouge pas votre performance globale de plus de quelques dixièmes de point.
Comment ouvrir un compte Enerfip et investir : le pas à pas
La procédure d’ouverture est rapide, mais elle passe par une phase de conformité KYC (Know Your Customer) obligatoire au titre de la lutte contre le blanchiment. Voici les étapes concrètes que j’ai suivies et vérifiées à jour en 2026 :
- Inscription en ligne : rendez-vous sur fr.enerfip.eu, cliquez sur créer un compte, choisissez le statut (particulier, société, association). L’inscription prend 5 minutes.
- Vérification d’identité : téléversez une pièce d’identité (CNI, passeport ou titre de séjour) et un justificatif de domicile récent. La validation KYC prend entre 24 et 72 heures ouvrées.
- Test d’adéquation ESMA : Enerfip doit vérifier que vous comprenez le risque de perte en capital. Le test dure 5 minutes, portant sur votre expérience financière, votre horizon d’investissement et votre tolérance au risque. C’est une obligation réglementaire liée au statut PSFP, pas un questionnaire marketing.
- Alimentation du compte : virement SEPA depuis votre banque vers votre compte cantonné chez Enerfip. Le compte cantonné est tenu chez un prestataire tiers, ce qui sécurise les fonds : en cas de faillite de la plateforme, votre argent n’est jamais mélangé au bilan Enerfip. Délai 2 à 3 jours ouvrés.
- Sélection d’un projet : parcourez la liste des projets ouverts à la souscription. Chaque projet dispose d’une KIIS normée ECSP à télécharger : lisez-la avant tout investissement, elle contient le score de risque, le TRI cible, le calendrier de remboursement, la structure juridique du SPV.
- Souscription : indiquez le montant (à partir de 10 €), signez le contrat obligataire électroniquement, validez. Vous recevez immédiatement un accusé de réception.
- Suivi : le tableau de bord Enerfip affiche votre portefeuille en temps réel, le calendrier des échéances futures, les intérêts déjà perçus et l’IFU fiscal en fin d’année. Les échéances tombent automatiquement sur le compte cantonné, à vous de les réinvestir ou de les retirer par virement.
Astuce : programmez une alerte mail sur les nouvelles collectes du segment qui vous intéresse (solaire, biogaz, hydroélectrique). Les projets les plus recherchés se remplissent en quelques heures, parfois en quelques minutes pour les tickets de 300 à 500 K€.
Comparatif Enerfip vs 7 alternatives crowdfunding
J’ai comparé Enerfip aux plateformes qui font sens pour un investisseur particulier français cherchant à diversifier une poche crowdfunding. J’exclus volontairement les plateformes historiques qui ne publient plus leurs chiffres de défaut, celles en difficulté financière avérée, et celles qui ciblent uniquement l’immobilier commercial pour institutionnels.
| Plateforme | Segment | Ticket min | TRI net | Taux défaut | Marché secondaire | Note ILT |
| Enerfip | ENR (solaire, éolien, biogaz) | 10 € | 7,16 % | 0,78 % | Oui (Enerdeal) | 8,5 / 10 |
| La Première Brique | Immobilier résidentiel court | 1 € | 10,2 % | 1,2 % | Non | 8,7 / 10 |
| Raizers | Immobilier promoteur | 1 000 € | 9,4 % | 3,1 % | Non | 8,2 / 10 |
| Homunity | Immobilier promoteur | 1 000 € | 8,8 % | 4,3 % | Non | 8,0 / 10 |
| ClubFunding | Immobilier + PME | 1 000 € | 8,1 % | 5,1 % | Non | 7,8 / 10 |
| Baltis | Immobilier résidentiel | 100 € | 8,5 % | 2,8 % | Non | 7,9 / 10 |
| WiSEED | ENR + immobilier + PME | 100 € | 6,4 % | 4,7 % | Partiel | 7,5 / 10 |
| Anaxago | Immobilier + PE | 1 000 € | 6,1 % | 6,2 % | Non | 7,5 / 10 |
Ce tableau se lit ainsi : Enerfip n’est pas la plateforme la mieux rémunérée, mais c’est la mieux ajustée au risque parmi les acteurs de taille significative. La Première Brique offre un rendement supérieur mais sur des tickets et durées plus courts, avec une concentration sur l’immobilier résidentiel. Anaxago et Homunity ont des taux de défaut nettement plus élevés depuis la crise de la promotion immobilière neuve de 2023-2024. Raizers, ClubFunding et Baltis se tiennent au milieu, avec des profils de risque adossés à l’immobilier. Enerfip et Homunity sont d’ailleurs souvent complémentaires en portefeuille : l’un couvre le risque ENR régulé, l’autre le risque promotion.
Pour qui Enerfip est adaptée : trois personas
Persona 1 : Marc, 42 ans, cadre technique, 80 K€ de patrimoine liquide, veut donner du sens à son épargne
Marc a un livret A plein, un LDDS plein, un fonds euros à 60 K€ et un PEA de 15 K€. Il veut sortir 10 K€ du fonds euros pour les allouer à une poche impact ENR sur 3 à 5 ans. Enerfip est parfaitement adaptée : ticket 10 €, il peut construire un portefeuille de 30 projets à 300 € chacun, diversification sur plusieurs technologies (solaire, biogaz, éolien) et plusieurs porteurs. Rendement cible 7 % net, alignement avec ses valeurs. Verdict : oui, Enerfip fait partie de son cœur de portefeuille impact.
Persona 2 : Sophie, 33 ans, freelance en SAS, veut diversifier la trésorerie d’entreprise sur horizon 24-36 mois
Sophie a 50 K€ de trésorerie non affectée dans sa SAS. Elle veut sortir du compte pro rémunéré et allouer une partie à du crowdfunding via la personne morale, pour bénéficier du régime IS. Enerfip accepte les personnes morales : elle peut ouvrir un compte investisseur au nom de sa société et investir en obligations. Les intérêts entrent dans le résultat imposable au taux IS (15 % puis 25 %), régime souvent plus favorable qu’un livret professionnel rémunéré à 3 % brut. Verdict : oui, à condition de calibrer avec un expert-comptable et de ne pas immobiliser plus de 25 % de la trésorerie disponible.
Persona 3 : Jean-Pierre, 68 ans, retraité, veut sécuriser ses revenus complémentaires
Jean-Pierre cherche du revenu régulier et une préservation forte du capital. Sur son profil, je considère qu’Enerfip peut représenter au maximum 5 à 8 % de son patrimoine liquide, en complément d’une assurance-vie fonds euros et de SCPI. Les projets à intérêts trimestriels ou semestriels lui donneront un flux régulier, mais il ne doit pas surexposer une poche déjà destinée à la sécurité. Verdict : oui en accessoire, non en cœur d’allocation.
FAQ Enerfip
Enerfip est-elle une plateforme fiable et régulée ?
Oui. Enerfip dispose de l’agrément PSFP (Prestataire de Services de Financement Participatif) délivré par l’AMF au titre du règlement européen 2020/1503. Elle est immatriculée à l’ORIAS et adhérente à Financement Participatif France. Son capital est adossé à ses fondateurs après un management buy-out financé par trois groupes bancaires mutualistes régionaux. Zéro perte définitive en capital constatée depuis 2014, sur 875 M€ collectés et 618 projets.
Quel est le taux de défaut réel d’Enerfip ?
Au 25 août 2026, le taux de défaut réglementaire (méthode ECSP, projets en procédure collective ou judiciaire) est de 0,78 %. Le cumul retards + défauts est de 2,03 %. Le TRI net de risque est de 7,16 %. Aucune perte définitive en capital n’a été constatée à ce jour, mais 5,27 M€ sont en procédure judiciaire et pourraient partiellement se solder par une perte.
Peut-on revendre ses obligations avant l’échéance ?
Oui, via le service Enerdeal, marché secondaire de gré à gré interne à Enerfip. Une fois qu’un projet a versé sa première échéance d’intérêts, ses obligations deviennent éligibles. Vous fixez librement votre prix de cession. Les frais sont de 0,9 % HT du montant vendu, à la charge du vendeur. Attention, la liquidité effective dépend de la qualité du projet mis en vente et du vivier d’acheteurs.
Quelle est la fiscalité applicable en 2026 ?
Les intérêts sont soumis par défaut au PFU de 30 % (12,8 % IR + 17,2 % PS), prélevé à la source par Enerfip. Option pour le barème progressif possible via la case 2OP. Les obligations crowdfunding EnR ne sont pas éligibles au PEA-PME. Un investisseur société paie l’IS classique. Enerfip fournit un IFU 2561 en début de campagne fiscale.
Combien investir sur Enerfip pour bien diversifier ?
Je recommande un minimum de 3 000 € réparti sur au moins 20 à 30 projets différents, soit environ 100 à 150 € par ligne. Aucun projet ne doit représenter plus de 5 % de la poche crowdfunding, et la poche crowdfunding globale (tous acteurs) ne doit pas dépasser 15 % du patrimoine liquide.
Enerfip propose-t-elle des projets en Belgique et en Espagne ?
Oui. Grâce au statut PSFP européen, Enerfip peut proposer des projets dans les 27 pays de l’Union européenne. La plateforme opère actuellement en France, en Belgique, en Espagne et étend progressivement son offre. Les investisseurs français peuvent souscrire à des projets étrangers, avec la même mécanique fiscale française (résidence fiscale française).
Y a-t-il un bonus de bienvenue ou un code parrainage Enerfip ?
Oui. Enerfip propose ponctuellement des offres de bienvenue en cash ou en bons d’achat de projets, généralement entre 25 € et 50 €, sous condition d’un premier investissement minimum. Le programme évolue régulièrement, il faut vérifier l’offre en cours au moment de l’inscription sur la plateforme. À l’inverse d’un néobroker, ces bonus ne sont pas structurels : ils dépendent des campagnes marketing du moment.
Quelles sont les meilleures alternatives à Enerfip ?
Pour rester sur l’énergie renouvelable, Lendosphere, Lumo (filiale Société Générale) et Lita.co proposent des projets ENR mais avec des volumes et un taux de défaut moins favorables. Pour diversifier hors ENR sur des rendements comparables, La Première Brique (immobilier court résidentiel) et Raizers (immobilier promoteur) sont les deux plateformes que je recommande. Voir le comparatif complet dans la section dédiée plus haut.
Verdict final : Enerfip mérite sa place en cœur de portefeuille crowdfunding
Enerfip est aujourd’hui, à mes yeux, la plateforme de crowdfunding la mieux gérée du marché français sur son segment. La combinaison d’un statut PSFP AMF, d’un actionnariat stabilisé par un management buy-out adossé à trois groupes bancaires mutualistes, d’un taux de défaut réglementaire de 0,78 %, d’un TRI net de 7,16 %, d’un ticket d’entrée à 10 €, d’une grille tarifaire zéro frais côté investisseur, et d’un marché secondaire fonctionnel avec Enerdeal, en fait une brique quasi incontournable pour toute allocation impact ENR sérieuse. Note globale : 8,5 / 10. Les points de vigilance restent la concentration sectorielle (à contrebalancer avec de l’immobilier crowdfundé ou du private equity) et le risque réglementaire propre à la filière ENR française. Pour un investisseur qui veut construire une poche crowdfunding de 5 à 15 % de son patrimoine liquide en 2026, je recommande de combiner Enerfip (60 %) avec La Première Brique (25 %) et Raizers (15 %), en cible de 20 à 30 lignes minimum.
Pour aller plus loin
- Comparatif des meilleures plateformes de crowdfunding immobilier
- Guide crowdfunding énergie renouvelable : notre pilier ENR
- Homunity avis : la plateforme immobilière historique
- La Première Brique avis : le crowdfunding immo à 1 €
- Raizers avis : la plateforme premium pour tickets 1 000 €
Loïc H. Article évergreen mis à jour en 2026. Sources : rapport de transparence Enerfip du 25 août 2026, registre AMF des PSFP, Trustpilot fr, Financement Participatif France baromètre annuel, Journal des Entreprises (management buy-out 2025), service-public.fr et impots.gouv.fr pour la partie fiscalité.
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