Le compte 49 « Dépréciations des comptes de tiers » enregistre la perte probable sur une créance de la classe 4 que tu risques de ne pas encaisser en totalité. Il ne s’utilise jamais directement : tu passes par le 491 pour les clients, le 495 pour le groupe et les associés, le 496 pour les débiteurs divers, avec une dotation 6817 à la clôture et une reprise 7817 quand le risque disparaît.
À quoi sert le compte 49 ?
Une créance figure au bilan pour ce que tu peux raisonnablement espérer encaisser. Quand un client entre en redressement judiciaire ou cesse de répondre aux relances, la créance n’est pas encore perdue, mais elle ne vaut plus sa valeur nominale. Tu ne peux pas l’effacer : juridiquement, elle existe toujours. Tu constates donc une dépréciation, qui réduit sa valeur au bilan et pèse sur le résultat de l’exercice.
Le compte 49 sert à loger ces dépréciations sans toucher au compte de la créance. La créance reste à sa valeur d’origine au débit du 416 ou du 46, et la dépréciation s’inscrit au crédit du 49. Au bilan, les deux se compensent : tu présentes une valeur nette.
Sa numérotation n’a rien d’arbitraire. L’Art. 1131-4 du règlement prévoit que, dans les comptes de bilan à deux chiffres, la terminaison 9 identifie les dépréciations de la classe correspondante : 29 pour les immobilisations, 39 pour les stocks, 49 pour les tiers, 59 pour les comptes financiers. À l’intérieur, la logique se répète : le 491 déprécie les comptes 41 (clients), le 495 les comptes 45 (groupe et associés), le 496 les comptes 46 (débiteurs divers). Tu ne déprécies jamais une dette : seules les créances, à l’actif, passent par le 49.
On parlait autrefois de « provisions pour dépréciation ». Le vocabulaire a changé, pas la technique : une provision couvre aujourd’hui un passif, une dépréciation corrige un actif.
Le 49 est un compte correcteur d'actif : il est présenté à l'actif, en diminution des créances qu'il déprécie, d'où un solde créditeur.
Fonctionnement du compte 49 : débit et crédit
Il est débité
- par le crédit du 7817 Reprises sur dépréciations des actifs circulants, lorsque la dépréciation devient sans objet (le client a payé), se révèle exagérée, ou lorsque la perte se réalise et passe au 654
- par le crédit du 7876 Reprises sur dépréciations exceptionnelles, pour reprendre une dépréciation constatée à l’origine en exceptionnel
Il est crédité
- en fin d’exercice, par le débit du 6817 Dotations pour dépréciations des actifs circulants, du montant de la perte probable
- en fin d’exercice, par le débit du 6876 Dotations pour dépréciations exceptionnelles, cas devenu rare : seulement si la dépréciation est directement liée à un événement majeur et inhabituel (Art. 513-5)
« Ces comptes sont crédités, en fin d'exercice : par le débit du compte 6817 « Dotations pour dépréciations des actifs circulants » (autres que valeurs mobilières de placement) ; ou par le débit du compte 6876 « Dotations pour dépréciations exceptionnelles ». »
Source officielle : règlement ANC n° 2014-03 relatif au plan comptable général, version consolidée au 1er janvier 2026, Art. 1214-49.
Écritures types avec le compte 49
Les exemples ci-dessous suivent l’ordre de la vie réelle d’une opération. Montants en euros, TVA à 20 % sauf mention contraire.
1. Clôture : tu déprécies une créance client douteuse (491)
Ton client Morel te doit 4 800 € TTC (4 000 € HT) et a été placé en redressement judiciaire. Au 31 décembre, tu estimes perdre 60 % de la créance : la dépréciation porte sur 60 % du HT, soit 2 400 €. La créance a déjà été transférée au 416.
| Compte | Libellé | Débit | Crédit |
|---|---|---|---|
| 6817 | Dotation dépréciation client Morel | 2 400 € | |
| 491 | Dépréciation créance Morel | 2 400 € |
2. Clôture suivante : le risque diminue, reprise partielle
Le plan de redressement prévoit finalement le remboursement de 70 % des créances. Ta perte probable tombe à 30 % du HT, soit 1 200 € : tu reprends 1 200 € sur les 2 400 € dépréciés.
| Compte | Libellé | Débit | Crédit |
|---|---|---|---|
| 491 | Ajustement dépréciation Morel | 1 200 € | |
| 7817 | Reprise partielle dépréciation Morel | 1 200 € |
3. Avance de trésorerie à une filiale en difficulté (4951)
Ta holding a avancé 20 000 € à une filiale, suivis au 451. La filiale accumule les pertes et ne pourra rembourser qu’une partie : tu déprécies 8 000 € à la clôture.
| Compte | Libellé | Débit | Crédit |
|---|---|---|---|
| 6817 | Dotation dépréciation compte filiale | 8 000 € | |
| 4951 | Dépréciation compte du groupe | 8 000 € |
4. Le prix de vente d'une machine ne sera pas payé en totalité (4962)
Tu as vendu une machine d’occasion 6 000 € à un acheteur qui ne paie pas. La créance est au 462. Tu estimes en récupérer la moitié : 3 000 € de dépréciation.
| Compte | Libellé | Débit | Crédit |
|---|---|---|---|
| 6817 | Dotation dépréciation créance sur cession | 3 000 € | |
| 4962 | Dépréciation créance sur cession d'immobilisation | 3 000 € |
Les sous-comptes du 49
| Compte | Intitulé officiel 2026 | À savoir |
|---|---|---|
| 491 | Dépréciations des comptes de clients | Le plus utilisé : déprécie les créances clients, en pratique celles transférées au 416 Clients douteux ou litigieux. |
| 495 | Dépréciations des comptes du groupe et des associés | Déprécie les créances sur les sociétés du groupe et sur les associés (comptes 451 et 455 débiteurs, 458). |
| 4951 | Comptes du groupe | Avances et comptes courants consentis à des sociétés du groupe dont le remboursement est compromis. |
| 4955 | Comptes courants des associés | Compte courant d’associé débiteur, quand l’associé doit de l’argent à la société et risque de ne pas rembourser. |
| 4958 | Opérations faites en commun et en GIE | Créances nées d’opérations faites en commun ou au sein d’un GIE. |
| 496 | Dépréciations des comptes de débiteurs divers | Déprécie les créances diverses du compte 46 : cessions d’immobilisations, cessions de titres, autres débiteurs. |
| 4962 | Créances sur cessions d'immobilisations | Prix de cession d’une immobilisation non encore encaissé et devenu douteux. |
| 4965 | Créances sur cessions de valeurs mobilières de placement | Prix de cession de valeurs mobilières de placement non encaissé et devenu douteux. |
| 4967 | Autres comptes débiteurs | Autres créances diverses (remboursement attendu d’un tiers, indemnité à recevoir) dont l’encaissement est incertain. |
Règle de lecture utile : dans la classe 4, un sous-compte qui se termine par 8 enregistre les charges à payer ou produits à recevoir rattachés, et un sous-compte en 9 enregistre les opérations de sens contraire (Art. 1131-3 et 1131-4 du règlement).
Cas pratiques fréquents
Pourquoi déprécier le hors taxes et pas le TTC ?
La créance client est inscrite TTC au 416, mais la TVA qu’elle contient n’est pas une perte pour toi : si la créance devient définitivement irrécouvrable, tu récupères la TVA collectée en la régularisant. La dépréciation porte donc sur le hors taxes. Sur une créance de 4 800 € TTC dont tu crains de perdre 60 %, tu déprécies 2 400 €, pas 2 880 €. Fiscalement, la dépréciation n’est déductible que si la perte est probable, individualisée et chiffrée avec précision (article 39, 1-5° du CGI) : une dépréciation forfaitaire de « 5 % des clients » ne l’est pas.
La perte devient définitive : deux écritures, pas une
Quand le liquidateur te délivre un certificat d’irrécouvrabilité, tu constates la perte au 654 (6541 si la créance est née dans l’exercice, 6544 sinon), avec la régularisation de TVA, par le crédit du 416. Puis tu reprends la dépréciation devenue sans objet : débit du 491, crédit du 7817. L’impact net sur le résultat de l’année est la différence entre la perte et la dépréciation déjà constatée. Beaucoup oublient la reprise : le 491 garde alors un solde pour une créance qui n’existe plus.
Dotation au 6817 ou au 6876 depuis la réforme ?
Le texte du compte 49 cite les deux. Depuis la nouvelle définition du résultat exceptionnel, applicable aux exercices ouverts depuis le 1er janvier 2025, le 6876 ne se justifie que si la dépréciation découle directement d’un événement majeur et inhabituel, par exemple la destruction de l’activité d’un client clé par une catastrophe. Un client qui ne paie pas, même pour une grosse somme, relève du 6817, en résultat d’exploitation.
Les erreurs à éviter
Ne pas confondre le 49 avec
| Compte | Différence |
|---|---|
| 416 Clients douteux ou litigieux | Le compte de la créance douteuse elle-même, à l’actif : le 491 vient en déduire la perte probable. |
| 654 Pertes sur créances irrécouvrables | La perte définitive sur une créance irrécouvrable, quand il n’y a plus d’espoir de recouvrement. |
| 29 Dépréciations des immobilisations | Dépréciations des immobilisations, dont les créances rattachées à des participations (2967) et les prêts (2974). |
| 39 Dépréciations des stocks et en-cours | Dépréciations des stocks et en-cours, même logique de terminaison 9 appliquée à la classe 3. |
| 15 Provisions | Provisions pour risques et charges : elles couvrent un passif probable, pas la perte de valeur d’un actif. |
Ce qui a changé avec la réforme du plan comptable
Questions fréquentes sur le compte 49
Qu'est-ce que le compte 49 en comptabilité ?
C’est le compte de regroupement des dépréciations des comptes de tiers. Il enregistre la perte probable sur les créances de la classe 4 : 491 pour les clients, 495 pour le groupe et les associés, 496 pour les débiteurs divers.
Le compte 49 est-il débiteur ou créditeur ?
Il est créditeur. C’est un compte correcteur d’actif : il vient en diminution des créances qu’il déprécie. Il est crédité par la dotation (6817) et débité par la reprise (7817).
Quelle est la différence entre une provision et une dépréciation ?
Une dépréciation constate la perte de valeur d’un actif existant, comme une créance douteuse, au 49. Une provision couvre un passif probable, comme un litige ou une garantie, au 15. L’expression « provision pour dépréciation » est l’ancien nom de la dépréciation.
Comment calculer la dépréciation d'une créance client ?
Pars du montant hors taxes de la créance et applique le pourcentage de perte que tu estimes probable, client par client, au vu des relances, de la procédure collective ou des garanties. Créance de 3 000 € HT, perte estimée à 50 % : dépréciation de 1 500 €.
Quand reprendre une dépréciation du compte 491 ?
Dès que le risque baisse ou disparaît : le client paie, un plan de redressement améliore tes chances, ou la perte devient définitive et passe au 654. La reprise se fait au débit du 491 par le crédit du 7817.
Le plan comptable M49 a-t-il un rapport avec le compte 49 ?
Non. La M49 est l’instruction budgétaire et comptable applicable aux services publics de l’eau et de l’assainissement gérés par les collectivités. Le compte 49 dont parle cette fiche appartient au plan comptable général des entreprises, régi par le règlement ANC 2014-03.
